Les placements privés apportent un nouveau souffle de financement

L’Agefi Quotidien reviendra tous les quinze jours sur l’actualité de ce nouveau marché qui a déjà attiré plus de 3 milliards d’euros en 2012
Olivier Pinaud

Les placements privés en euros sont appelés à devenir de plus en plus populaires. Après des débuts prometteurs en 2012, 2013 devrait être l’année de la confirmation pour ces émissions, principalement obligataires, réalisées par des entreprises non notées et à destination d’un nombre limité d’investisseurs privés (sociétés de gestion, assureurs ou family offices). Sevrées de crédits bancaires traditionnels, de plus en plus de sociétés se tournent en effet vers ce nouveau marché afin de diversifier leurs sources de financement ou allonger la maturité de leur dette.

Véritablement ouvert par l’émission inaugurale de Bonduelle en septembre 2012, d’un montant de 145 millions d’euros, le marché des placements privés pour les obligations en euro (Euro PP) destiné aux entreprises de taille intermédiaire, voire aux PME, a rapidement pris de l’ampleur. Au total, en 2012, un peu plus de 3 milliards d’euros de titres obligataires et de lignes de prêts ont été émis par placements privés par 22 entreprises, dont près de 80% entre les mois d’octobre et de décembre. Selon la Société Générale, en pointe sur ce nouveau segment aux côtés du Crédit Agricole et de Kepler pour les plus petites opérations, à moyen terme le marché des placements privés en euro pourrait peser entre 15 et 20 milliards d’euros par an et représenter la moitié de la dette des grandes sociétés familiales non cotées ou des grosses PME.

Si elle trouve sa source dans le mouvement de désintermédiation bancaire provoqué par l’arrivée des futures normes réglementaires imposées aux banques et aux assureurs, cette vague est soutenue par la mise en place depuis l’été 2012 d’une nouvelle procédure d’émission (initial bond offering). Pour conforter les investisseurs, qui ne peuvent s’appuyer sur aucune notation de l’émetteur, des clauses accompagnent les Euro PP, à la manière de celles utilisées dans les placements privés américains (clause de changement de contrôle…). Les «spreads» sont légèrement plus élevés que pour les émissions obligataires publiques en raison de la faible liquidité du marché.

A l’achat, les assureurs ont été particulièrement actifs sur ce marché. Axa, CNP, Aviva ACM et Federis ont ainsi à eux seuls souscrit les deux tiers du placement privé réalisé par le groupe fromager Lactalis en décembre 2012.

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