Les pays européens tentent de défendre les industriels les plus sensibles à la crise russe
La montée des tensions en fin de semaine dernière en Ukraine a renforcé les craintes d’une escalade des mesures de rétorsions économiques entre la Russie et les pays occidentaux, alors que de nombreux industriels européens se sont déjà plaints d’un contrecoup sur leur activité. Vendredi, la Commission européenne a ainsi annoncé être prête à venir en aide aux exportateurs de produits laitiers touchés par l’embargo russe sur les importations de produits alimentaires occidentaux (viande, poisson, fruits et légumes et produits laitiers).
«La Commission n’hésitera pas, si nécessaire, à prendre en urgence de nouvelles mesures de soutien au marché, notamment pour certains produits laitiers pour lesquels l’impact de l’embargo russe semble évident», a déclaré l’exécutif dans un communiqué, après une nouvelle réunion d’experts des 28 pays membres de l’UE. Elle avait annoncé la semaine précédente le déblocage de 125 millions d’euros d’aides pour les producteurs de fruits et légumes périssables. L’impact de l’embargo russe sur le secteur du lait et celui de la viande sera étudié de manière plus détaillée lors d’une nouvelle réunion d’experts des Etats membres le 28 août, a indiqué Bruxelles. La coopérative laitière finlandaise Valio a par exemple déjà calculé que la crise pourrait lui faire perdre 240 millions d’euros de ventes sur le marché russe.
De son côté, la Norvège a augmenté le plafond légal des stocks des pisciculteurs afin de permettre aux producteurs de saumons de trouver de nouveaux clients. La Russie représente environ 10% des débouchés des éleveurs de saumon norvégien. L’embargo russe avait provoqué en parallèle une chute de 9% des prix du saumon la semaine dernière.
Dans son rapport mensuel publié vendredi, le ministère allemand des Finances a indiqué que la contraction surprise de l'économie allemande au deuxième trimestre (-0,2%) s’explique en partie par le contre-choc des sanctions imposées à la Russie dans le cadre de la crise en Ukraine. Il estime cependant que «si la crise ukrainienne ne va pas plus loin et si aucun nouveau train de sanctions sérieux n’est imposé, on peut s’attendre à ce que le ralentissement actuel de l'économie ne soit que temporaire». Les événements sur le terrain ne semblent pas aller dans son sens.
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