Les opérations d’actionnariat salarié devraient rester stables en 2014
La France demeure le pays européen le plus avancé en matière d’actionnariat salarié coté, constate la dernière étude Debory Eres. Au sein du SBF 250, 82% des entreprises proposent un plan ouvert à tous les salariés, et près d’un salarié sur deux (47,2%) est actionnaire de sa société. Des chiffres stables depuis trois ans. Les salariés non dirigeants détiennent 3,7% du capital du SBF 250, contre une moyenne de 1,6% en Europe (1,4% au Royaume-Uni et 1% en Allemagne). Les Anglais ont refondu leur réglementation sur l’actionnariat salarié et «nous constatons un début de décollage dans les petites entreprises», explique Jérôme Dedeyan, associé Debory Eres.
En 2013, la France représente plus d’un tiers des actionnaires salariés en Europe (3,5 millions de personnes sur 9,2 millions en Europe), et pèse pour plus d’un quart de la capitalisation détenue par les salariés actionnaires. «Le dernier lien direct des Français avec le capital des entreprises, c’est l’actionnariat salarié, qui représente 90% de la masse des actionnaires individuels», rappelle Jérôme Dedeyan.
Debory Eres ne remarque aucune corrélation entre la fréquence des opérations et la part du capital détenue par les salariés. Seul constat sectoriel, les sociétés du BTP lancent une campagne d’actionnariat salarié quasiment tous les ans, et les salariés détiennent autour de 10% du capital chez Vinci, de 23% chez Bouygues et de 28% chez Eiffage. Si 13% du CAC 40 n’a pas de culture d’actionnariat salarié (Carrefour, Kering, LVMH, Pernod Ricard, Solvay), ce taux monte à 45% au sein du Next 80. Le coût de l’opération peut en effet refroidir les plus petites entreprises.
Malgré cette appétence des entreprises françaises pour l’actionnariat salarié, le nombre d’opérations n’a cessé de reculer ces trois dernières années, sous le coup de la crise financière et de la hausse du forfait social. En 2010, 42 sociétés ont lancé une opération au sein du SBF 120 (23 sur le CAC 40) contre seulement 25 l’an dernier (11 seulement sur le CAC 40). Pour 2014, « nous sommes sur la même tendance, avec 13 opérations annoncées, alors qu’une reprise était espérée en début d’année», ajoute Jérôme Dedeyan. L’an dernier, 22 augmentations de capital ont été lancées (et 6 programmes d’attribution gratuite) avec un taux de décote moyen de 17%, un taux de souscription moyen de 44%, et un montant moyen souscrit de 4.520 euros.
Plus d'articles du même thème
-
La dynamique du crédit en zone euro reste mollement positive
La croissance annuelle des prêts bancaires aux entreprises est ressortie stable en septembre malgré une baisse des flux nets mensuels, notamment sur les prêts longs supérieurs à 5 ans. -
Advent pulvérise son record de levées de fonds
En moins d’un an, la société d’investissement a réuni près de 27 milliards de dollars pour son dernier fonds flagship dédié au large cap. Elle a également collecté près de 3 milliards pour un premier véhicule consacré au midcap. -
La dette publique fragilise l'État mais pas l'ensemble des entreprises françaises
La dette publique française se dégrade. Faut-il en conclure que toutes les entreprises françaises seront également et durablement pénalisées sur les marchés ? Ce serait une erreur.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
Contenu de nos partenaires
-
Inflation, chômage, pouvoir d'achat : le moral des Français au plus bas depuis treize ans
L’Insee a publié une enquête ce mardi et alerte du décrochage de la confiance des Français sur la situation économique de la France -
Opération séduction sur les plateaux : l'exécutif mobilisé pour éteindre le feu lycéen
Ce mardi, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a appelé au retour en classes, tandis que David Amiel, ministre des Comptes publics, a annoncé des efforts budgétaires supplémentaires pour financer les mesures annoncées -
Après 100 jours au pouvoir, quel bilan pour Andy Burnham ?
Trois mois après son arrivée à Downing Street, Andy Burnham a su rassembler les travaillistes et éviter de commettre des erreurs majeures. Mais il doit encore concrétiser ses ambitions