Les opérateurs tentent de contrer l’effet de ciseaux dans l’internet fixe
La divulgation, ce week-end, d’un document de travail de la Fédération française des télécoms (FFT) évoquant une remise en cause du concept de l’accès illimité à internet via la connexion fixe a provoqué une vague de protestations et de démentis plus ou moins appuyés. «Il n’a jamais été dans les projets de Bouygues Telecom de limiter l’accès à l’internet fixe», a par exemple affirmé dans un communiqué Olivier Roussat, le directeur général de Bouygues Telecom, l’un des membres de la FFT, avec France Télécom et SFR. De son côté, la FFT tentait au nom de ses autres membres de calmer la polémique, assurant n’avoir «jamais imaginé la fin de l’internet illimité» même si «certains opérateurs ont parlé de différenciation des offres».
Si la concurrence en vigueur rend difficile la mise en œuvre de cette idée, les opérateurs réfléchissent depuis plusieurs mois à faire payer l’abonné en fonction de sa consommation réelle de données. Alors qu’un accord avec les grands fournisseurs de services (Google, Facebook, Youtube…) pour que ceux-ci financent une partie du réseau semble improbable, et que le trafic sur internet ne cesse de progresser, les opérateurs fixes régleraient ainsi une partie de l’effet de ciseaux auquel ils sont confrontés. Le marché de l’accès à internet à haut débit est proche de la saturation. En Europe, le nombre de nouveaux abonnés au haut débit fixe (0,9 million au deuxième trimestre 2011) est à son plus bas niveau depuis plus de quatre ans, selon les analystes de Citigroup. En France, alors qu’Iliad et SFR, les numéros deux et trois de l’internet fixe, n’ont pas encore donné leurs chiffres, le marché progresse très légèrement (1%) mais au prix d’une forte concurrence entre opérateurs (nouvelles «boxes»…).
De l’autre côté, alors que le prix des abonnements est fixe, le trafic et la consommation de capacité explosent, notamment en raison de l’usage exponentiel de la vidéo. Ce qui pousse les opérateurs à investir dans leur réseau pour maintenir le service. Au deuxième trimestre 2011, en France, le chiffre d’affaires par abonné internet fixe de France Télécom a ainsi baissé de 0,2 euro, à 35,5 euros par rapport au trois premiers mois de l’année. Il était de 36,6 euros un an auparavant. Dans le même temps, les investissements de l’opérateur historique dans l’Hexagone ont augmenté de 11% à 1,23 milliard d’euros, soit 10,9% de son excédent brut d’exploitation (ebitda).
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