Les opérateurs télécoms européens peinent à renouer avec la croissance
Après France Telecom et KPN, qui ont tous deux réalisé une performance trimestrielle médiocre sur leur marché domestique, d’autres opérateurs historiques ont confirmé vendredi que la pression concurrentielle ne s’était pas relâchée. Telecom Italia a publié un chiffre d’affaires et un excédent brut d’exploitation (EBE) à fin mars en baisse organique de respectivement 7,4% et 3,6% en Italie, en raison d’une concurrence plus forte dans les services fixes et surtout mobiles. L’opérateur a réitéré ses objectifs d’un chiffre d’affaires et d’un EBE globalement stables en 2011 grâce au Brésil et à l’Argentine, mais «les guidances domestiques prévoyant une activité en recul de 4% avec un EBE d’au moins 9,4 milliards d’euros en Italie semblent de plus en plus difficiles à atteindre», pronostique le bureau d’analyse d’Oddo Securities.
Belgacom a pour sa part émis un avertissement sur ses perspectives annuelles. L’opérateur belge prévoit désormais une baisse de 2% de son chiffre d’affaires et d’environ 5% de l’EBE, contre une érosion respective de 1% et 2% auparavant. «Les investissements commerciaux que devra effectuer l’entreprise pour regagner des part de marché expliquent cette révision en baisse», indique Siddy Jobe, analyste de la banque Degroof. Cette révision survient à l’issue d’un premier trimestre durant lequel son activité a reculé de 3,5% à moins de 1,6 milliard d’euros. Selon Oddo Securities, ce recul s’explique par «une baisse inattendue des usages voix mobile» en Belgique accompagnée de «pertes de clients» sur ce segment, tandis que «la conquête de nouveaux abonnés internet et TV a été ralentie».
Enfin, Deutsche Telekom a confirmé sa prévision annuelle d’un cash flow libre d’au moins 6,5 milliards d’euros et de 19,1 milliards pour l’EBE ajusté (14,9 milliards en excluant T-Mobile USA qui sera cédé à ATT). Si la baisse de moitié des terminaisons d’appel mobile en décembre et une concurrence intensifiée dans le haut débit fixe ont entraîné une contraction de 3,2% de son chiffre d’affaires en Allemagne à fin mars, l’EBE domestique a mieux résisté (+3,7%). Mais celui de ses activités européennes a chuté de 11,6% hors effets de change, pénalisé par des «investissements prix en Pologne, Autriche et Pays-Bas et des tendances toujours faibles en Grèce et en Roumanie», relève Oddo. Les relais de croissance se font donc toujours attendre pour ces opérateurs.
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