Les offres publiques de 2012 ont été majoritairement initiées en interne
Toujours pas de reprise des offres publiques en 2012. L’an dernier, seulement 40 opérations se sont déroulées en France (53 en 2011), pour un montant des capitaux acquis limité à 3,24 milliards d’euros (7,9 milliards en 2011) dont 42% pour le rachat de TTC sur CFAO, constate le quatrième observatoire des offres publiques de Ricol Lasteyrie. Cette tendance ne semble pas s’infléchir pour le moment… Toutefois, «avec la remontée des cours de Bourse, permettant de s’entendre plus facilement sur un prix équitable, et le matelas de cash détenu par les sociétés, nous pouvons espérer un retour des ‘vraies’ acquisitions», anticipe Sonia Bonnet-Bernard, associée-gérante de Ricol Lasteyrie.
En effet, seules 40% des offres ont été initiées par des tiers à la société (55% en 2011), et une seule hostile (rachat de Leguide.com par Lagardère) signe de la morosité du marché des fusions et acquisitions.
Conséquence de la faiblesse des cours, les offres font ressortir des primes plus élevées: +43% sur le dernier cours de Bourse (+31% en 2011) ou +39% sur la moyenne 12 mois (+35% en 2011). En revanche, les primes calculées par les conseils de l’acheteur (+15%) et par l’expert indépendant désigné par la cible (+9%) sont réduites et évoluent peu. Elles étaient respectivement de 17% et 10% en 2011. De nombreux actionnaires de référence ou maisons mères ont profité des faibles valorisations pour racheter les minoritaires.
D’autres ont saisi cette opportunité pour offrir une fenêtre de liquidité à leurs actionnaires via des offres publiques de rachat d’actions (OPRA). Six opérations (Havas, Linedata, Rougier, Turenne Investissement, ANF Immobilier et Orchestra-Kazibao) ont animé le marché l’an dernier, soit deux fois plus qu’habituellement. Ces six sociétés ont acquis entre 10% et 36% de leur capital, offrant une prime de 25% à 57% sur le dernier cours de Bourse. De quoi assurer le succès de l’opération, qui «doit être équitable pour ceux qui restent, comme pour ceux qui sortent, poursuit Sonia Bonnet-Bernard. Mais en 2013, on peut espérer que les entreprises aient d’autres perspectives pour utiliser leur cash».
Autre élément d’inquiétude, 22 sociétés ont été retirées de la cote (24 en 2011) sans compter les trois opérations en cours, pour seulement 19 introductions en Bourse (Eurolist et Alternext). Soit un solde négatif.
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