Les obligataires prennent le contrôle de Seat Pagine Gialle
Seat Pagine Gialle est enfin arrivé au bout de sa restructuration financière. Ouvert durant l’été dernier, le marathon s’est achevé hier. Après plusieurs reports, le groupe d’annuaires italien a obtenu le soutien de plus de 90% des détenteurs des 1,3 milliard d’euros d’obligations non sécurisées, dites «Lighthouse», initialement dues le 30 avril 2014. Ces derniers doivent voter le plan en assemblée générale fin mars. Au terme de celle-ci, ils prendront possession de 90% du capital des pages jaunes italiennes.
Ils détiendront également pour 65 millions d’euros de nouvelles obligations, à échéance janvier 2017. L’accord comprend également un rééchelonnement de la dette bancaire. La principale échéance, d’un montant de 326 millions d’euros, a été reportée à 2016, le groupe ne devant débourser que 25 millions fin 2012, puis 245 millions répartis entre 2013 et 2015.
Cette dette avait été contractée lors du LBO monté par un consortium d’investisseurs en août 2003 comprenant CVC, BC Partners, Permira et Investitori Associati. BC Partners a depuis quitté le tour de table. CVC était le principal actionnaire avec 29,4% du capital. Lors de son rachat, la société avait été valorisée 5,6 milliards d’euros, soit 9 fois son Ebitda. Depuis, sa valeur d’entreprise est tombée à 2,8 milliards d’euros, dont 2,7 milliards de dette nette.
Après cette restructuration, les analystes de CreditSights estiment que l’endettement net de Seat PG retombera à 4,2 fois l’Ebitda attendu en 2012 (338 millions d’euros) et 4,3 fois celui de 2013 (329 millions d’euros), alors qu’il culminait à plus de 7 fois l’an dernier.
Dans un communiqué, la direction du groupe s’est félicitée de la signature de cet accord. Etranglé par sa dette et par la chute de son résultat opérationnel, Seat PG était menacé de faillite. Il n’avait pas pu payer en fin d’année dernière les 52 millions d’euros de coupons qu’il devait à ses créanciers subordonnés. En 2011, son Ebitda est attendu en baisse de 22% par les analystes de CreditSights, à 375 millions d’euros. Il dépassait les 600 millions en 2008. Ses charges financières absorbaient à elles seules 225 millions d’euros.
Reste à savoir si la marge de manœuvre sera suffisante pour pourvoir relancer l’activité de la société dans un contexte publicitaire tendu et avec la concurrence toujours plus forte des moteurs de recherche sur internet.
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