Les majors pétrolières veulent vendre pour 90 milliards de dollars d’actifs
Quatre-vingt-dix milliards de dollars. C’est le montant faramineux des actifs mis en vente par les grandes compagnies pétrolières, comme BP, ExxonMobil, Royal Dutch Shell ou bien encore ConocoPhilips. Compilé par le cabinet de recherche Derrick Petroleum Services, le chiffre est le plus élevé de ces dix dernières années. L’an dernier, les majors avaient mis en vente 20 milliards d’actifs. Et plus récemment, en début d’année 2010, le «pipeline» de projets à céder représentait 46 milliards de dollars.
Deux phénomènes expliquent cet impressionnant mouvement de vente. Tout d’abord, les grandes compagnies pétrolières ont besoin de trouver des fonds pour financer des programmes d’exploration de plus en plus complexes et donc de plus en plus coûteux. Entre 1999 et 2009, le coût moyen de découverte a été multiplié par quatre pour dépasser les 3,5 dollars par baril.
Mais le mouvement de cessions tient aussi beaucoup à l’appétit des acheteurs, notamment chinois. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la Chine est le deuxième plus gros pays importateur de brut (avec 4,1 millions de barils par jour importés en 2009) derrière les Etats-Unis et devrait augmenter ses besoins en pétrole à 11,63 millions de barils par jour d’ici à 2015, contre 9,16 millions cette année. La forte dépendance énergétique du pays pousse ainsi les compagnies chinoises à adopter une attitude plus offensive en termes d’acquisition. Sans parler de la volonté des autorités chinoises d’accéder à une meilleure répartition des sources d’approvisionnement alors que la moitié du pétrole importée dans le pays provient du Moyen-Orient.
Conséquence, les acquisitions d’activités pétrolières impliquant des compagnies chinoises se sont intensifiées, avec plus de 15 milliards de dollars investis depuis le début de l’année. Outre l’acquisition par Cnooc International et Bridas Energy des 60% que détenait BP dans la société argentine Pan American Energy pour plus de 7 milliards de dollars, Sinopec a mis plus de 7 milliards de dollars pour acquérir 40% des actifs brésiliens de Repsol. Sinopec, Cnooc et PetroChina ont également très fortement renforcé leurs liens avec le Venezuela en signant six accords et ont accru leurs projets d’investissement dans le pays de 40 milliards de dollars.
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