Les laboratoires pharmaceutiques doivent encore réduire leurs coûts
Confronté à la falaise des brevets et à une moindre rentabilité, les laboratoires pharmaceutiques cherchent à réduire leurs coûts. Les effectifs constituent alors souvent une variable d’ajustement. La semaine dernière, Eli Lilly a prévenu le marché qu’il devra réduire ses coûts pour atteindre ses objectifs 2014, à savoir 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 3 milliards de bénéfice net et 4 milliards de cash flow opérationnel. Le laboratoire américain pourrait ainsi continuer à réduire le nombre de ses collaborateurs. En avril dernier, Eli Lilly avait déjà licencié 1.000 visiteurs médicaux aux Etats-Unis, soit 30% de sa force de vente.
Au début du mois, Merck a annoncé des réductions de coûts drastiques qui devront atteindre 1 milliard de dollars en 2014 et 2,5 milliards de dollars par an à compter de 2015, dont une moitié en R&D et l’autre dans le commercial (force de vente et marketing). Le groupe va ainsi supprimer 8.500 postes, notamment pour faire face à la concurrence des génériques sur Singulair, son traitement vedette de l’asthme.
Un programme qui s’ajoute aux 7.500 suppressions de poste déjà annoncées mais non encore mis en œuvre, soit au total une disparition de près de 20% des effectifs du laboratoire. Le groupe compte également céder des actifs immobiliers et déplacera son siège pour des locaux moins onéreux. Parallèlement, Merck va recentrer sa R&D sur ses domaines thérapeutiques clés, tels que les vaccins, l’oncologie, le diabète ou encore les soins hospitaliers de courte durée.
Le laboratoire veut également prioriser ses présences géographiques et mettra l’accent sur les plus grandes économies mondiales (Amérique du Nord, Europe, Japon, Chine, Brésil et Russie).
Sanofi n’a pas annoncé de plan majeur de licenciements, mais prévoit néanmoins une suppression nette de 207 postes en R&D avant la fin 2015. Le laboratoire français a su anticiper plus tôt que certains de ses concurrents la perte de ses brevets en s’adaptant. Désormais Sanofi a touché le point bas et compte renouer avec la croissance au quatrième trimestre, a déclaré hier son directeur général, Chris Viehbacher. Le laboratoire français s’appuie notamment sur le potentiel offert par les marchés émergents, où il réalise un tiers de ses ventes. Il compte bien y rester et s’y renforcer, même si l’effet devises peut peser sur ses résultats.
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