Les introductions en Bourse de biotechs résistent à la crise grecque
Biotechs et medtechs continuent à rejoindre la cote parisienne. «En pleine crise grecque, il est remarquable que toutes les introductions aillent à leur terme, confie Daniel Anizon, analyste chez Invest Securities. De quoi rester optimiste pour l’avenir.»
Cellnovo, qui commercialise une micro-pompe à insuline connectée pour les diabétiques, vient de lever 31,6 millions d’euros, après un premier report en mars dernier. Biophytis, spécialiste des maladies du vieillissement, a levé 10 millions d’euros. Les deux opérations se sont faites en bas de fourchette. Le fabricant de dispositifs médicaux Biocorp a réuni 8,9 millions, au prix unitaire de 9,25 euros, point médian de sa fourchette. L’action a cédé 1,84% vendredi pour sa première séance. La cleantech Amoéba, qui développe un biocide biologique pour traiter l’eau, a levé 13,2 millions à 8,30 euros par action, en bas de fourchette, mais a gagné 8,3% vendredi, premier jour de négociations.
«Les IPO du premier trimestre sont sorties en haut de fourchette, mais sur des niveaux raisonnables, celles de juin et début juillet ont pâti de la crise grecque et ont été réalisées plutôt en bas de fourchette», constate Jean-Emmanuel Vernay, directeur général d’Invest Securities.
Néanmoins, «nous restons dans un marché haussier, et le secteur reste bien moins valorisé en France qu’aux Etats-Unis, laissant ainsi un vrai potentiel de rebond», poursuit Jean-Emmanuel Vernay, qui ne croit pas à une bulle sur le secteur. Le compartiment parisien des biotechs/medtechs compte maintenant 75 sociétés, soit 8 à 9% de la cote et pèse déjà 7% du MidCac. «Désormais, les gestions benchmarkées ne peuvent faire l’impasse sur ce secteur, poursuit Jean-Emmanuel Vernay. En 18 mois, certains investisseurs ont pu ramasser de 15 à 20 fois (Genfit, Cellectis) ou 6 à 8 fois (Adocia, Innate Pharma) leur mise.» Ce secteur, qui ne dépend pas de la conjoncture, a profité du marché haussier pour se financer avec deux ou trois ans d’avance, notamment auprès d’investisseurs américains.
Au premier semestre 2014, le marché avait été euphorique sur les biotechs. «Aujourd’hui, il est plus sain et mesuré, avec des introductions qui se réalisent à des prix raisonnables, laissant un potentiel de hausse pour les actionnaires, ajoute Daniel Anizon. Les investisseurs continuent de préférer les biotechs aux medtechs, ce qui montre que l’aversion pour le risque reste faible.»
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