Les hostilités sont ouvertes entre Family Dollar et Dollar General

Family Dollar privilégie l’offre de Dollar Tree malgré la surenchère de Dollar General. Ce dernier accuse la direction de la cible de privilégier ses intérêts
Olivier Pinaud

La promesse d’une poignée de dollars supplémentaires n’a pas changé la donne. Malgré un prix supérieur d’environ 5%, 8,95 milliards de dollars contre 8,5 milliards, le distributeur à bas coûts Family Dollar a rejeté hier les avances de Dollar General. Et il entend bien toujours se rapprocher de Dollar Tree. «Notre conseil d’administration a étudié, avec nos conseillers, tous les aspects de la proposition de Dollar General et a conclu à l’unanimité qu’elle ne pouvait être raisonnablement acceptée en l'état», a lancé Howard Levine, le directeur général de Family Dollar. Le groupe estime que son concurrent ne prend pas en compte la législation antimonopole.

Dollar General a calculé qu’il devrait vendre environ 700 magasins pour obtenir l’accord des autorités. Family Dollar craint qu’il ne faille en céder plus de 1.000. Dans ce contexte, Ed Garden, administrateur indépendant au conseil de Family Dollar, a déclaré qu’il ne fallait pas «mettre en péril la proposition de Dollar Tree pour une transaction avec Dollar General qui a de fortes chances de ne pas aboutir pour des questions de concurrence».

Cette position n’a pas surpris. Depuis l’annonce de la contre-offre de Dollar General sur Family Dollar en début de semaine, les relations n’ont pas cessé de se tendre entre les directions des deux distributeurs. Dans une lettre rendue publique hier, Dollar General a accusé le directeur général de Family Dollar de ne penser qu’à ses propres intérêts et à son maintien à la tête de l’entreprise. Selon le groupe, son offre est meilleure pour les actionnaires de Family Dollar «mais peut-être pas pour Howard Levine personnellement».

Une attaque en règle qui suit celle lancée la veille par Carl Icahn. Actionnaire de Family Dollar, l’activiste peste également contre la clause de rupture des négociations signée entre le groupe et Dollar Tree. Son montant a été fixé à 300 millions de dollars. Lui aussi s’interroge sur la position de Howard Levine, le directeur général de Family Dollar. Des attaques qui ont poussé ce dernier à sortir de son silence. Il a condamné des «déformations flagrantes» et rappelé que Dollar General n’avait fournit aucune garantie sur la réussite de son offre. Selon Bloomberg, avant d’envisager toute discussion de rapprochement, Family Dollar souhaiterait que Dollar General s’engage à payer une indemnité si jamais les autorités de la concurrence venaient à bloquer une éventuelle opération.

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