Les fonds remettent Freescale en Bourse avec une décote de 50 % sur leur prix d’achat
Blackstone, Carlyle, Permira et TPG se seraient certainement passés du LBO sur Freescale, réalisé fin 2006, quelques mois avant le début de la crise financière. Les quatre fonds de private equity avaient précisé que le groupe de semi-conducteurs, ancienne division de Motorola, devait entrer à la Bourse de New York à un prix compris entre 22 et 24 dollars par action alors qu’ils avaient payé un prix unitaire moyen de 36 dollars, selon les documents transmis à la Securities and Exchange Commission.
Las, le groupe a indiqué cette nuit que le prix d’introduction a finalement été fixé à 18 dollars par action, après un abaissement de la fourchette de 18 à 20 dollars. Toutefois, les fonds ne subiront pas de moins-values effectives. L’entrée en bourse se fera uniquement par augmentation de capital.
Freescale émet comme prévu 43,5 millions d’actions nouvelles, soit 22% du nombre de titres actuellement détenus par les fonds. Le groupe de puces électroniques pour les capteurs automobiles ou les téléphones mobiles a ainsi levé 783 millions de dollars, somme qui ira directement au remboursement de la dette. Celle-ci se montait au 1er avril 2011 à 6,5 milliards de dollars. A 18 dollars, la valeur boursière de Freescale s’élèvera ainsi à environ 4,3 milliards de dollars post-IPO. Le groupe avait été acquis pour 17,6 milliards fin 2006.
Les fonds avaient finalement peu d’autres possibilités que d’accepter une telle décote. Après avoir déjà remboursé 2,1 milliards de dollars de dette depuis 2008, et après avoir comprimé les coûts de l’entreprise notamment en fermant des usines, l’augmentation de capital était la dernière étape avant de permettre une future restructuration du solde de la dette. En fixant un prix initial aussi faible mais encore trop élevé, représentant environ 1,2 fois le chiffre d’affaires de l’année écoulée, contre une moyenne de 1,9 fois pour le secteur des semi-conducteurs, les actionnaires ont voulu s’assurer de la réussite de la levée de fonds alors que les investisseurs ont plutôt les yeux rivés depuis quelques semaines sur les nouvelles valeurs internet (Yandex, LinkedIn…).
Enfin, après une nette remontée en 2009 et 2010 (+123% entre début 2009 et la mi-février 2011), l’indice sectoriel de référence Philadelphia Semiconductor a corrigé d’un peu plus de 10% depuis la mi-février, sous l’effet de craintes de saturation du marché des semi-conducteurs.
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