Les filiales étrangères de France Télécom coupent tour à tour leur dividende
France Télécom commence à être cerné. A une semaine de l’annonce de ses résultats annuels, les signaux négatifs se multiplient pour l’opérateur. Quelques jours après les mauvais chiffres de son opérateur belge Mobistar, TPSA, sa filiale polonaise, a annoncé hier une chute de 19,6% de son Ebitda au dernier trimestre 2012, portant à 8,9% la baisse annuelle. Le dividende se limitera à 0,5 zloty par action, deux fois moins que promis en octobre dernier, une somme déjà revue à la baisse à l’époque. TPSA avait versé au titre de 2011 un dividende trois fois plus élevé.
Et les choses ne devraient pas s’arranger cette année. Sous l’effet de la concurrence, du ralentissement économique en Pologne et d’une réglementation moins favorable, la direction de TPSA s’attend à une baisse de son chiffre d’affaires en 2013. Celui-ci a déjà plié de 4,1% en 2012. Conséquence, le cours de l’action TPSA s’est écroulé de 27% hier à la Bourse de Varsovie, entraînant avec lui France Télécom (-0,67% à 7,83 euros). Détenu à un peu plus de 50% par l’opérateur français, TPSA assure à lui seul environ 8% du chiffre d’affaires et de l’Ebitda de France Télécom et lui avait rapporté 252 millions de dividendes en 2011.
«Les annonces de TPSA n’ont pas d’incidence sur les perspectives communiquées aux investisseurs pour les exercices 2012 et 2013, en particulier les engagements pris en matière de rémunération des actionnaires, le 25 octobre dernier», a assuré hier France Télécom. Le groupe a prévu de reverser au minimum 0,8 euro par action pour 2012 et pour 2013, soit 40% de moins que le montant distribué lors des exercices précédents. Il avait également indiqué ne pas s’attendre à une remontée de son cash-flow libre avant 2014.
La situation devient malgré tout préoccupante pour le groupe, les participations étrangères ne jouant plus leur rôle initial d’amortisseur ou de moteur de croissance face à un marché français déprécié par la guerre des prix dans le mobile.
L’Espagne, première participation internationale de France Télécom après la Grande-Bretagne, est confrontée à une vague massive de désabonnements téléphoniques sous l’effet du chômage. Quant à l’Egypte, principale participation du groupe en Afrique, la situation économique reste profondément perturbée par les tensions politiques.
Plus d'articles du même thème
-
La cour d'appel ouvre la voie à un nouvel épisode du feuilleton Vivendi-Bolloré
La cour d’appel de Paris, cour de renvoi, a apporté la même réponse que l’Autorité des marchés financiers en novembre 2024 au dossier Vivendi-Bolloré, se bornant à une stricte lecture des textes, sans se prononcer sur les possibles lectures du contrôle de fait ouvertes par la Cour de cassation. -
Les prochains jours seront cruciaux pour la restructuration de Casino
Alors que les positions entre les créanciers et le premier actionnaire, Daniel Kretinsky, sont aux antipodes, le conseil d’administration du distributeur doit présenter un plan en espérant que les banques reverront leurs exigences. -
La coentreprise d'Amundi SBI Funds Management s'introduira en Bourse le 21 juillet
Après une première tentative avortée en 2021, la coentreprise de gestion d'actifs d'Amundi et de State Bank of India va ouvrir 10% de son capital via son introduction en Bourse.
ETF à la Une
Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
- Les actions coréennes approchent du bear market
- L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
Contenu de nos partenaires
-
Vie de coupleLe Pen-Bardella : le pari d'un ticket inédit
Pour son lancement de campagne, Marine Le Pen vante le « ticket gagnant » qu’elle forme avec Jordan Bardella pour 2027. Une configuration inédite – et dangereuse ? – sous la Ve République -
EntêtementQuoi qu'il en coûte, l'Iran veut garder la maîtrise du détroit d'Ormuz
Le régime iranien a encore visé des navires empruntant le passage stratégique, quitte à déclencher la fureur de Donald Trump -
Prise de risqueGabriel Attal et Edouard Philippe peuvent-ils survivre à la campagne imposée par Marine Le Pen ?
Une candidature avec un bracelet à la cheville ? La leader du RN a pris son risque et savoure ce qu'elle appelle une « renaissance ». Elle promet de libérer le pays. Autant de mots qui ont fait l'identité politique des macronistes. Mais ont-ils la capacité de réagir ?