Les femmes se dotent d’un guide pratique pour devenir administratrices
En cette Journée des droits de la femme, nombre d’acteurs de la gouvernance se sont exprimés pour promouvoir la place des femmes au sein des conseils d’administration. European Professional Women’s Network-Paris, Deloitte et l’Essec viennent de publier le «Guide pour devenir administratrice».
Un guide «qui doit les rassurer et leur donner l’envie de devenir administratrices, explique Marie-Jo Zimmermann, députée, initiatrice de la loi instaurant un minimum de 20% de femmes dans les conseils à horizon 2013 et 40% en 2017. Quand une femme entre à un conseil, la rigueur arrive. On lui demande tellement d’être parfaite, qu’elle-même s’oblige à l’être». Viviane de Beaufort, professeur de droit européen, et co-auteur du guide, souligne deux écueils à éviter: «le clonage et être pire que les hommes» et «jouer en solo, sans esprit collectif et de cohésion».
Legrand vient de proposer l’entrée de deux femmes à son conseil. Elles seront trois sur douze, soit 25%. Toutefois, Marie-Jo Zimmermann fustige cette attitude de nombreux groupes consistant à atteindre les quotas en accroissant le nombre d’administrateurs…
Si la loi a imposé ce changement d’attitude au sein des conseils, les comités exécutifs sont très en retard. Ceux du CAC 40 comptent seulement 7,9% de femmes en 2011 (contre 6,3% en 2007), selon le dernier baromètre Capitalcom sur la mixité. Renault bat tous les records avec 30% de femmes, tandis que Saint-Gobain, Accor, la Société Générale, L’Oréal et GDF Suez affichent un taux d’au moins 20%. A contrario, les comités de direction de Total et de Technip ne comptent aucune femme.
Dans le monde, la situation se détériore même selon Grant Thornton, avec 21% de femmes occupant des postes de direction en 2012, contre 24% en 2009. Les marchés émergents, pourtant en avance, reculent de 30% à 26%. La France parvient néanmoins à progresser, passant de 21% en 2011 à 24% en 2012, en ligne avec la moyenne européenne.
Le combat sur ce terrain s’accompagne de la bataille sur les écarts de rémunérations entre les sexes. En France, les femmes dirigeantes gagnent 14% de moins que leurs pairs masculins, écart qui monte à 22% en Allemagne et pour l’ensemble de l’Europe, selon une étude Mercer. Un écart qui s’accroît si l’on tient compte des autres éléments de rémunération variable, tels que les bonus.
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