Les Etats pèsent de tout leur poids dans les débats sur le rapprochement entre EADS et BAE

Le gouvernement britannique menace d’opposer son veto si Paris et Berlin ne prennent pas des engagements sur leur rôle dans l’entité fusionnée
Antoine Duroyon

Dernière ligne droite sous haute tension dans le projet de rapprochement entre EADS et BAE. Alors que le Takeover Panel britannique a donné aux deux groupes jusqu’au 10 octobre pour rendre copie, les tractations politiques au sommet font craindre le risque d’un blocage de dernière minute. La règlementation boursière britannique autorise toutefois la prolongation des discussions pour une durée de 28 jours.

Le Royaume-Uni a renforcé la pression en brandissant la menace d’un veto. «Nous avons bien fait savoir que nous avions des points non négociables touchant à la fusion EADS-BAE et que si on ne pouvait pas y répondre de manière satisfaisante, alors nous userions de notre action spécifique pour opposer notre veto à l’opération», a déclaré hier Philip Hammond, le secrétaire britannique à la Défense, à la BBC. Cette action spécifique ou «golden share» empêche un actionnaire de détenir plus de 15% du capital.

Outre la sécurité nationale, les emplois et l’investissement au Royaume-Uni, Londres s’inquiète des velléités française et britannique. «Il n’est pas nécessaire qu’il n’y ait aucun intérêt français ou allemand dans la société mais il est nécessaire de ramener ces intérêts en deçà du niveau à partir duquel ils peuvent contrôler ou influer la manière dont la société se comporte», a estimé Philip Hammond.

Ces divergences se sont cristallisées lors d’une vidéoconférence entre conseillers français, allemands et britanniques vendredi. Selon Der Spiegel, la France, qui verrait sa participation tomber sous les 9%, aurait accepté verbalement le principe de renoncer à tout achat de titres supplémentaires après la fusion. Mais elle refuserait de s’y engager par écrit. Par ailleurs, la demande faite par les négociateurs allemands de baser le siège social de l’entité fusionnée à Munich aurait été fermement repoussée par les représentants français et britanniques.

Côté industriel, EADS, qui souhaite une intervention minimale de la sphère publique, a fait état de discussions «constructives» avec les Etats. Quant aux investisseurs, ils ne cachent pas leur frustration devant la tournure des négociations, a rapporté le Sunday Telegraph, mentionnant l’exaspération de deux actionnaires de poids de BAE.

Selon le Financial Times, Invesco Perpetual, principal actionnaire de BAE avec 13% du capital, devrait annoncer aujourd’hui ses «importantes réserves» concernant la fusion, expliquant ne pas comprendre «la logique stratégique» derrière le projet.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...