Les entreprises usent davantage des rémunérations incitatives de long terme
Face à la crise financière et à l’évolution en cours de la fiscalité mobilière, les entreprises françaises commencent à modifier la structure de leurs rémunérations incitatives, constate le baromètre 2012 Aon Hewitt sur l’actionnariat salarié et la rémunération en capital, réalisé après enquête auprès de 45 entreprises, dont 82% du SBF 120.
Si 83% de ces entreprises déclarent attribuer des stock-options et/ou des actions gratuites, et 28% des bonus différés en actions ou en espèces, elles sont désormais près d’un quart à proposer des systèmes d’incitations à long terme (ILT) en espèces, soit une hausse de 50% par rapport à l’an dernier, et «beaucoup d’entreprises y réfléchissent», confie Jean Lambrechts, responsable du pôle rémunération des dirigeants chez Aon Hewitt France Ce système a l’avantage d’être moins défavorable fiscalement pour l’entreprise, ne dilue pas le capital et ne nécessite pas de contraintes réglementaires et d’autorisations en AG comme les options ou les actions gratuites.
Si ces ILT en cash pour les dirigeants ne relèvent pas des conventions réglementées et risquent d’être moins transparentes, l’AMF vient d’inviter le code Afep-Medef à prendre en compte ce type de rémunération, sans compter les exigences que pourrait fixer la prochaine loi sur la rémunération des dirigeants.
Ces ILT en espèces, généralement liées à des conditions de performance et versées au terme de la période (supérieure à 1 an), concernent en priorité les cadres, avant les dirigeants. Elles peuvent représenter de 10% à 20% du salaire annuel et s’ajoutent aux autres rémunérations (part variable, bonus, options, actions gratuites..). Pour éviter tout paradoxe entre cet outil et l’actionnariat salarié, qui porte le risque en capital, ces ILT en espèces sont la plupart du temps indexées sur la valeur de l’action. Aux Etats-Unis, 30% des entreprises pratiquent l’ILT en cash, alors que les britanniques l’ignorent.
Par ailleurs, le baromètre souligne la montée en puissance des actions gratuites par rapport aux stock-options, ces dernières ne pèsent plus qu’un tiers de l’ensemble pour les mandataires sociaux (contre 50% en 2010), 21% pour les cadres, et 8% pour les autres salariés. «Ce mouvement d’effritement pourrait se poursuivre», anticipe Jean Lambrechts.
D’ailleurs, au sein du FTSE 100, le poids relatif des options par rapport aux actions gratuites est passé de 80% en 2003 à 15% en 2012.
Plus d'articles du même thème
-
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée. -
La Banque du Japon maintient son taux directeur avant une prochaine hausse
La banque centrale du Japon fait une pause dans sa politique de normalisation mais confirme son changement de cap avec un discours plus restrictif. Le retour de l'inflation à sa cible de 2% est à la fois une victoire et un risque auquel la banque reste très attentive.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Peut-on interdire la théorie du « grand remplacement » comme le réclame le maire de Trappes ?
Ali Rabeh a appelé vendredi à l’interdiction de la théorie raciste du « grand remplacement », qui aurait « armé » le tireur de l’attentat des Yvelines. Le constitutionnaliste Benjamin Morel s’inquiète d’une mesure « contre-productive » qui risquerait de contrevenir à la liberté d’expression. -
Mondes émergentsLe Brésil, notre partenaire stratégique
L’Europe dispose d’une opportunité qu’elle doit saisir. Les échanges entre l'Union et le Brésil ont atteint 100 milliards de dollars en 2025, presque à l'équilibre -
Tribune libreGrand âge contre jeunesse : le faux dilemme qui nous coûtera cher
Entre 2027 et 2032, la France comptera un million de personnes supplémentaires de plus de 75 ans ; plus de 800 000 Français entreront en Ehpad