Les entreprises françaises restent très prudentes dans leurs investissements

Si 67% des entreprises interrogées par Euler Hermes ont augmenté leurs investissements l’an dernier, seulement 26% tablent sur une hausse en 2012
Yves-Marc Le Réour

En s’appuyant sur ses 23 délégations régionales, Euler Hermes a mené l’an dernier une étude sur le comportement des entreprises françaises en matière d’investissement. Réalisée en deux vagues (mai-septembre 2011 et novembre 2011-janvier 2012) sur un échantillon global de 1.684 entreprises, l’enquête montre qu’un tiers d’entre elles ont suspendu leurs décisions d’investissement au deuxième semestre 2011, cette proportion atteignant 35% pour celles dont le chiffre d’affaires est inférieur à 4 millions d’euros, alors que les intentions sont restées stables pour celles réalisant un chiffre d’affaires de plus de 50 millions.

Ce frein aux investissements est lié, dans près de 75% des cas, à des capacités de production jugées suffisantes, puis au manque de visibilité sur l’activité et enfin à des conditions de crédit devenues plus difficiles au cours de la deuxième vague de l’enquête. Ludovic Subran, chef économiste du groupe d’assurance-crédit, observe que «45% des entreprises de services ont décidé de stopper leurs investissements» sans distinction de taille, alors que les effets de la crise ont davantage affecté les petites entreprises dans le secteur du commerce.

Sur l’ensemble de l’année, les dépenses engagées au premier semestre ont finalement conduit à une hausse des investissements pour plus des deux tiers des entreprises sondées par rapport à 2010, avec un dynamisme particulier pour les services et les industries agroalimentaires. Les investissements «défensifs» de mise aux normes et de renouvellement ont cependant pris le pas sur les augmentations de capacité, les investissements de productivité ou ceux destinés à la R&D.

La prudence s’accroît pour 2012 puisque moins de 26% des entreprises interrogées tablent sur une hausse de leurs investissements, les perspectives d’activité et de profits étant citées en tête des préoccupations par 55% d’entre elles, devant les conditions de financement mises en avant par un tiers de l’échantillon. Si les grandes entreprises font preuve d’un optimisme plus élevé, globalement «un effet de surinvestissement fin 2011 n’est pas à écarter», relève Ludovic Subran, en soulignant le fort recul des projets liés aux gains de productivité au sein des plus petites entreprises. L’assureur-crédit prévoit une progression d’un demi-point de l’investissement des entreprises en France cette année.

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