Les entreprises françaises accroissent leurs retards de paiement

A l’inverse de la tendance européenne, leurs comportements se sont dégradés au troisième trimestre selon le baromètre Altares à paraître aujourd’hui
Olivier Decarre

La discipline dont avaient fait preuve les entreprises françaises durant la crise vient de subir un coup d’arrêt. Au troisième trimestre, elles ont accru de près d’un jour leurs retards de paiement qui atteignent désormais 12,4 jours en moyenne, selon le baromètre Altares à paraître aujourd’hui. Jamais depuis trois ans le chiffre n’avait été si élevé (voir graphique). «68,2% ne respectent pas les délais contractuels», précise l’étude. Elles étaient 65% dans ce cas trois mois plus tôt. Quant à la part réglant avec plus de 15 jours de retard, elle a grimpé de 3 points en trois mois à 30,5%.

«C’est dans les transports que le durcissement des paiements est le plus sensible, poursuit Altares. Sur ce troisième trimestre, 80,6% des transporteurs paient avec retard, contre 75,5% il y a trois mois». L’industrie souffre aussi avec 72,6% de paiements retardés (contre 69,4%).

Même si le troisième trimestre est traditionnellement une période tendue en France et que le pays fait toujours mieux que la moyenne européenne, ce retournement surprend d’autant plus qu’il va à l’inverse de la tendance du continent. A l’échelle européenne les retards ont été réduits de 14 à 13,8 jours. Les très nettes dégradations observées en France et au Portugal (de 25,4 à 28,7 jours) ont été compensées par la bonne tenue des autres pays. A 8,1 jours, l’Allemagne reste la référence juste devant les Pays-Bas (stables à 8,5 jours). Enfin, malgré les craintes pesant sur leur économie domestique, les groupes espagnols et irlandais ont aussi fait des progrès, avec en trois mois des retards ramenés respectivement de 23,4 à 19,1 jours et de 18,1 à 17,8 jours.

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