Les échanges de participations avec Daimler seront globalement neutres en cash
Deux grandes inconnues subsistaient avant la révélation des détails de l’accord Renault-Nissan-Daimler: le niveau des participations croisées et l’impact en cash. Ces incertitudes appartiennent désormais au passé. Les participations croisées seront de 3,1% et l’opération «sera neutre en cash flow» a assuré Dieter Zetsche, le patron de Daimler.
Pour résoudre cette équation, le montage apparaît toutefois complexe. Pour point de départ, Renault va augmenter son capital de 3,8% (10,78 millions d’actions) au prix de 37 euros. Une part de ces actions permettra à Renault d’offrir 3,1% de son capital final (9,17 millions d’actions) à Daimler pour un équivalent de quelque 339 millions d’euros. Daimler recevra aussi des mains de Renault 3,1% de Nissan (920 millions d’euros au 6 avril). D’où une facture totale de 1,26 milliard d’euros.
En retour, Renault se portera acquéreur de 3,1% du capital de l’allemand. Il ne donne pas le prix exact de la transaction. Mais au prix de marché, elle s’élèverait à 1,17 milliard, soit un montant pratiquement équivalent à celui de l’achat de titres Renault et Nissan par Daimler.
Nul doute donc que les partenaires se sont mis d’accord pour équilibrer les flux.
Pour permettre à Nissan de rester à 15% après l’augmentation de capital, Renault échangera aussi sans sortie de cash 0,5% de ses titres contre des actions Nissan. Puis dans un second temps, le français transférera à Nissan la moitié de sa participation dans Daimler (1,55%). Ceci en échange de 2% des titres Nissan.
Dès lors, Renault et Nissan détiendront chacun 1,55% de Daimler, lequel contrôlera 3,1% de Renault et Nissan (voir graphique). Concernant plus spécifiquement l’Alliance, Nissan restera bien à 15% de Renault, tandis que le français portera 43,4% de Nissan.
Si toutes ces opérations à tiroirs ne procèdent en réalité que d’échanges de titres à plusieurs niveaux sans débours de liquidités, l’opération ne sera pas neutre pour tous. Afin de ne pas être dilué par l’augmentation de capital, l’Etat va lui aussi acquérir des titres Renault, en échange non pas d’actifs mais de liquidités. Le constructeur français lui cèdera 1,63 millions d’actions (0,55% du capital) à 37 euros, soit un investissement de 60 millions d’euros. Le prix à payer pour rester le premier actionnaire (15,01%) et continuer à jouer, comme il le souhaite, un rôle actif chez Renault.
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