Les droits de vote d’Areva sont valorisés zéro euro
Le calcul de la valeur des droits de vote d’Areva a été rapide: zéro euro. Ce chiffre rond, qui découle d’une parité parfaite de un pour un, a le mérite de simplifier l’offre publique d’échange sur les certificats d’investissement du groupe de nucléaire pour en faire des actions ordinaires. La parité annoncée hier est donc largement favorable aux détenteurs de certificats qui cumulent 3,88% du capital d’Areva. En échange de leurs titres, aujourd’hui dénués de droit de vote, ces derniers recevront une action complète et n’auront donc à payer aucune prime pour l’obtention de ce droit de vote.
En revanche, le Commissariat à l’énergie Atomique (CEA) est perdant dans l’affaire puisque c’est l’établissement public de l’Etat qui détient aujourd’hui les doits de vote détachés des certificats d’investissement. Or, les analyses menées par la Société Générale, banque présentatrice de l’OPE, et par Bellot Mullenbach & Associés, l’expert indépendant, montrent que lors des précédentes offres de ce type, les certificats d’investissement ont toujours été échangés contre des actions ordinaires avec une décote. La décote moyenne qui ressort des OPE s’élève ainsi à 12,2%. Sur la base du cours du certificat d’investissement d’Areva avant l’annonce de l’OPE, la valeur unitaire du droit de vote pourrait ainsi être estimée à 2,5 euros. Et comme il y a 14,29 millions de certificats en circulation, le CEA renonce en théorie à un peu plus de 35 millions d’euros.
Dans la note d’opération, l’expert indépendant explique que, compte tenu du décret du 21 décembre 1983, le CEA, qui détient 73,03% aux côtés de l’Etat (10,17%), devra conserver plus de la moitié du capital d’Areva. «Ainsi, sauf changement législatif ou réglementaire, et aussi longtemps que le CEA conservera le contrôle d’Areva, la valeur des droits de vote restera nécessairement très faible», conclut l’expert indépendant.
Au terme de cette OPE, qui devrait s’éteindre le 11 mai, le capital d’Areva sera uniquement composé d’actions ordinaires. Une simplification qui doit faciliter la liquidité du titre même si, dans le contexte actuel, une cession d’actions sur le marché par le CEA ou un autre actionnaire (l’Etat, Kuwait Investment Authority, EDF, Total, la Caisse des dépôts et CA CIB) paraît peu probable à court terme. Depuis la catastrophe au Japon, le cours du certificat Areva a chuté de 10%.
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