Les données microéconomiques plaident pour un regain des fusions-acquisitions
D’un côté, un horizon macroéconomique bien incertain, davantage selon Morgan Stanley du fait de la crise «structurelle» de la dette souveraine européenne que de perspectives de croissance mondiale «raisonnablement bonnes». Mais de l’autre, selon une note de la banque américaine, une foule d’indicateurs qui font la preuve d’un environnement microéconomique «bien meilleur» et qui devraient favoriser la confirmation du récent regain d’activité sur le front des fusions-acquisitions en Europe, qu’elles soient «offensives», «défensives» ou «opportunistes».
Ce rebond restera toutefois modeste faute d’un «dégel» de marchés de capitaux qui restent «fragiles». Et, comme le souligne Morgan Stanley, 2010 pourrait bien encore être l’année la moins animée en termes de M&A depuis 1996, tant en nombre d’opérations que de volumes engagés.
La banque n’en met pas moins en lumière la parfaite corrélation historique entre l’animation du marché des fusions et les bénéfices par action, qui se redressent actuellement, ainsi que des valorisations boursières attractives, représentant dix fois les bénéfices à douze mois.
Surtout, Morgan Stanley évoque des bilans solides en Europe, marqués d’abord par l’accumulation de véritables trésors de guerre à la disposition des directions pour passer à l’offensive. Soit à fin 2009 plus de 800 milliards d’euros de liquidités, qui représentent 16% des capitalisations boursières et 10% des actifs des sociétés européennes. De plus, la dette nette affiche une décrue sensible. Elle ne devrait plus représenter en 2011 que 1,1 fois l’Ebitda, contre un ratio de 2 trois ans auparavant, et un peu plus de 40% des fonds propres, contre 70%.
Morgan Stanley souligne enfin que les liquidités générées par l’exploitation des sociétés sont pour l’heure «bon marché», dans l’attente d’un rendement de ces cash-flows qui devrait s’élever à 8% l’an prochain en Europe sur la base des valorisations actuelles.
Dans ce contexte, les sociétés européennes, et «particulièrement celles exposées à l’international», pourraient aussi aiguiser l’appétit de prétendants hors Union du fait de la faiblesse de l’euro et de la livre. Les secteurs des biens d’équipement, des services financiers, des médias, des télécommunications et du transport semblent en outre offrir les perspectives les plus prometteuses de consolidation, selon Morgan Stanley.
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