Les distributeurs alimentaires subissent la crise de plein fouet

Tesco et Delhaize chutaient hier de plus de 10% après des ventes de fin d’année décevantes. Carrefour et Casino publient la semaine prochaine
Bruno de Roulhac

Les groupes de distribution alimentaire se préparent un exercice 2012 particulièrement difficile, après une fin d’année 2011 déjà marquée par la crise. Les premières mauvaises nouvelles commencent à tomber.

Tesco chutait hier de près de 16% à Londres, après s’être déclaré «déçu» par ses ventes de Noël sur son marché domestique. Le chiffre d’affaires du groupe sur les six semaines au 7 janvier 2012 a crû de 4% hors essence (+2,9% à taux de change réels). Mais il a reculé de 2,3% en comparable, hors essence et TVA, au Royaume-Uni, pour un consensus Reuters à -0,9%, malgré un plan massif de réduction des prix. Pour 2011/2012, Tesco anticipe une croissance de son bénéfice opérationnel en bas de la fourchette du consensus actuel. Et pour 2012/2013, le groupe britannique table désormais sur une croissance «minimale» de son résultat d’exploitation, alors que le marché attendait une hausse de 10%.

Le moral n’est pas plus haut chez le belge Delhaize (-11% à Bruxelles), qui a aussi déçu, avec une baisse de ses ventes à magasin comparables de 0,4% aux Etats-Unis (63% de l’activité du groupe) et de 1,5% en Belgique (23% des ventes), tandis que le marché attendait une croissance de 1,4% outre-Atlantique et une baisse de 1% outre-Quiévrain. Aussi Delhaize va-t-il fermer 113 magasins, soit la suppression de 4.900 emplois, aux Etats-Unis, et 20 magasins, soit 100 postes, dans le Sud-Est de l’Europe. Ces fermetures s’accompagneront de la conversion d’autres magasins et devraient générer 35 à 40 millions d’euros de bénéfice d’exploitation en année pleine, malgré la disparition de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Dans ce contexte, Casino et Carrefour dévoileront respectivement lundi et jeudi leurs ventes pour le quatrième trimestre. Le groupe stéphanois devrait publier un chiffre d’affaires de 9,5 milliards d’euros en hausse de 14,6%, tandis que les ventes de Carrefour devraient baisser de 0,1% à 24,4 milliards, selon le consensus Bloomberg. Pour les hypermarchés en France, hors essence et en comparable, CM-CIC attend un recul de 2,5% pour Casino et de 5,5% pour Carrefour.

Les deux distributeurs français seront particulièrement attendus sur leur tendance de résultat opérationnel courant pour l’exercice écoulé. Notamment Carrefour, qui ne pourra se permettre d’émettre un nouvel avertissement. Le groupe devrait détailler l’avancée de la transformation en Carrefour Planet et donner de premiers chiffres.

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