Les dispositifs anti-OPA déplaisent aux investisseurs
Les investisseurs ne sont pas favorables aux dispositifs anti-OPA. Selon le récent bilan de l’Association française de la gestion financière (AFG), ses membres, sociétés de gestion, se sont opposés à 34% aux mesures anti-OPA en France (contre 32% en 2015), à 13% en Europe, et à 18% dans le reste du monde.
Pour autant, ces dispositifs ne sont pas abandonnés. A ce jour, sur les 29 sociétés du CAC 40 ayant publié leur ordre du jour, 10 prévoient des mesures anti-OPA, et 20 sociétés sur 59 au sein du Next 80, rappelle L’Hebdo des AG. «Alors qu’il y a de moins en moins d’OPA, les sociétés françaises ont pris l’habitude de se doter d’un arsenal juridique pour se protéger d’une offre hostile. Une pratique désormais très bien acceptée par la Place», estime pour sa part Bénédicte Hautefort, éditrice de L’Hebdo des AG.
Come-back des «bons Breton»
Parmi ces mesures figurent les autorisations financières activables en période d’offres (2 dans le CAC 40 et 1 dans le Next 80), les «bons Breton» (2 dans le CAC 40 et 2 dans le Next 80) et les rachats d’actions en période d’offre (4 dans le CAC 40 et 13 dans le Next 80). «Avec le droit de vote double instauré par la loi Florange, ces rachats d’actions, relevant de l’AGO, passent facilement, constate Bénédicte Hautefort. L’an dernier, les rachats d’actions en période d’offre publique avaient été plébiscités à 83% contre 67% en 2015 au sein du SBF 120.»
Toutefois, toutes ces mesures ne sont pas approuvées. Eiffage vient d’en faire les frais avec trois autorisations financières activables en cas d’OPA rejetées lors de son assemblée générale du 19 avril dernier. Un vote serré, puisque ces trois résolutions ont obtenu entre 64,35% et 66,21% d’approbation. En revanche, la résolution permettant une augmentation de capital avec DPS est passée de justesse avec 67,12% des voix.
Alors que les fameux «bons Breton» permettant de faire face à une offre hostile avaient été délaissés ces dernières années, Accor se réserve la possibilité d’en émettre, dans le cadre de sa vingt-septième résolution. « La protection du management ne peut prévaloir sur la liberté de choix des actionnaires et tout mécanisme protectionniste de ce genre ne devrait être analysé qu’au cas par cas lors d’une assemblée générale tenue en période d’offre », estime Proxinvest, ne soutenant donc pas cette résolution. En revanche, il sera plus difficile d’y faire échec, car cette résolution relève de l’assemblée ordinaire et ne nécessite qu’une majorité de 50% des voix.
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