Les directeurs financiers considèrent la baisse des coûts comme prioritaire
La conjoncture française préoccupe davantage les directions financières, si l’on se réfère au dernier baromètre d’opinions qui vient d’être publié par le cabinet Deloitte. Réalisée ce mois-ci auprès de 75 directeurs financiers de grandes entreprises françaises ou de filiales françaises de groupes étrangers, cette enquête montre que 69% d’entre eux sont «moins optimistes» ou «beaucoup moins optimistes» qu’il y a 6 mois par rapport à la situation générale de l’économie française, ce qui représente une hausse de 13 points.
Dans l’industrie, 90% des directeurs financiers sondés se disent pessimistes, contre 70% dans le secteur financier et 50% dans la haute technologie, l’informatique ou les télécoms. Si les opinions favorables sur les perspectives de croissance en France et en Europe sont quasiment inexistantes, plus de 70% des dirigeants interrogés misent sur la croissance de l’Amérique du Nord et plus de 40% établissent le même diagnostic pour l’Amérique du Sud ou l’Asie, le principal motif d’espoir venant des pays émergents.
La proportion des directeurs financiers jugeant «incertain ou très incertain» le contexte économique et financier dans lequel évoluera leur propre entreprise au cours des 6 prochains mois est passée de 45% en septembre 2012 à 29% actuellement. Cela n’empêche pas 68% des dirigeants de placer la diminution des coûts au premier rang de leurs axes stratégiques, devant la croissance interne (53%) et l’introduction de nouveaux produits (37%), qui constituent autant d’exemples d’actions endogènes. Les excédents de trésorerie serviront pour 47% des directeurs financiers (contre 36% en septembre dernier) à financer la R&D et l’innovation, devant les acquisitions (33% contre 44%) et les investissements de modernisation et de mises aux normes (21% contre 36%).
Concernant l’accès à la liquidité, la raréfaction du crédit, citée par 27% des sondés contre 53% auparavant, semble moins anxiogène, contrairement au renforcement de la contrainte réglementaire, désormais considéré à 35% (contre 26%) comme principal motif d’inquiétude. Bien qu’elle soit en légère diminution (67% contre 71%), l’optimisation du BFR reste l’action privilégiée pour améliorer la trésorerie des entreprises, devant la diversification des sources de financements (mise en avant par 32% des dirigeants contre 43%) et les cessions d’actifs (24% contre 23%).
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