Les difficultés du projet Planet fragilisent un peu plus le PDG de Carrefour

Les performances en France sont moins bonnes qu’en Europe. Le plan sera ajusté en 2012. Georges Plassat pourrait remplacer Lars Olofsson
Bruno de Roulhac

Carrefour ne parvient toujours pas à rassurer le marché, le titre cédant encore hier 1,12% à 17,26 euros. Pourtant le distributeur a publié un chiffre d’affaires pour le quatrième trimestre quasiment en ligne avec les attentes, et a confirmé une baisse de son résultat opérationnel courant, dans «le bas de la fourchette» de 15 à 20%. Aurel attend un recul de 18,6%, Raymond James de 19%, Cheuvreux de 20%, tandis qu’Oddo maintient son -22% «ne connaissant pas la qualité de ces résultats (et notamment le montant des plus-values immobilières qu’ils pourraient contenir)».

Les incertitudes restent fortes. Sur l’avenir du PDG, Lars Olofsson, tout d’abord. Son projet «Carrefour Planet» ne porte toujours pas les fruits attendus. Pierre-Jean Sivignon, directeur financier du groupe, a précisé que la performance en France (27 magasins sur 81) était moins bonne qu’en Europe. Mais surtout le plan de développement de Planet sur 2012 «sera ajusté de manière pragmatique, pays par pays». Voilà «qui sonne un peu le glas de cet ambitieux programme», ironise Oddo. Carrefour promet de donner – enfin – les chiffres des Planet lors des résultats annuels le 8 mars prochain.

Ce pourrait être la dernière présentation de Lars Olofsson. Des sources concordantes confirment que Georges Plassat, actuel PDG de Vivarte, est toujours pressenti pour prendre les rênes de Carrefour. Toutefois, le dénouement de sa position chez Vivarte – un groupe que Charterhouse chercherait à vendre – et dont il détient 10%, pourrait prendre encore du temps. «L’arrivée d’un nouveau PDG pourrait éventuellement jouer le rôle de catalyseur mais cela ne fera pas disparaître les difficultés actuelles du groupe», note Aurel.

De plus, les chiffres du quatrième trimestre ont mis à jour de nouvelles inquiétudes. Si les ventes du quatrième trimestre limitent leur recul à 0,8% (-1,9% à magasins comparables) hors essence et à changes constants à 24,1 milliards d’euros, les ventes des hypermarchés en France (un quart du chiffre d’affaires du groupe) chutent de 4,7% en comparable et hors essence, poursuivant leur dégradation.

Le Brésil (+4,8% à magasins comparables) ne redémarre pas et fait moins bien que les +8,5% de son concurrent GPA. Le recul de 6,1% des ventes en Chine à magasins comparables, en raison de la nouvelle réglementation sur les promotions, inquiètent les analystes. Quant aux perspectives 2012, Carrefour ne donne aucune indication.

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