Les créanciers d’American Airlines piloteront la première compagnie mondiale
Après plus d’un an de discussions, American Airlines (AMR) et US Airways convolent. Les deux compagnies aériennes ont officialisé jeudi leur fusion, qui représente une valeur combinée de 11 milliards de dollars sur la base du cours de Bourse d’US Airways au 13 février. Ce dernier était épaulé par Barclays et la boutique Millstein & Co, spécialiste de la restructuration, tandis que Rothschild a conseillé AMR, sans compter l’armada de cabinets d’avocats d’affaires qui ont travaillé sur la transaction.
Pour les créanciers de la compagnie American Airlines, qui s’était placée sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine des faillites en novembre 2011, le deal constitue une victoire. Ils avaient fait pression sur Tom Horton, le directeur général, d’abord tenté de faire cavalier seul. Ils détiendront 72% de l’entité fusionnée, première compagnie aérienne mondiale avec 39 milliards de dollars de revenus, et cinq sièges sur douze au conseil. Parmi ces créanciers figurent les syndicats et employés, qui se retrouveront à la tête de 23,6% du capital. Les actionnaires d’US Airways détiendront les 28% restants.
Anticipée depuis un an, la fusion était espérée des marchés. Même si elle corrigeait hier de plus de 7%, l’action US Airways a quasiment doublé depuis l’annonce du projet de fusion en janvier 2012. Les obligations convertibles 2014 d’American Airlines, qui s’échangeaient à moins de 18% du pair lorsque la compagnie est entrée en Chapitre 11, traitaient à plus de 103% cette semaine.
Les deux compagnies ont des réseaux très complémentaires, ce qui devrait limiter les risques de contestation des autorités de la concurrence. Les analystes financiers estiment que le nouveau groupe réduira ses capacités sur le marché domestique, où la concurrence avec des compagnies à bas prix comme Southwest Airlines est forte, et accroîtra ses vols sur la région Asie-Pacifique. La fusion doit se traduire par plus d’un milliard de dollars de synergies annuelles nettes dès 2015. Elle entraînera une charge de restructuration de 1,2 milliard étalée sur trois ans.
Le secteur de l’aérien aux Etats-Unis devrait ainsi être arrivé au terme des grands mouvements de consolidation, après l’achat de Northwest par Delta en 2008, l’union entre United et Continental en 2010 et l’acquisition par Southwest Airlines de la compagnie à bas prix AirTran Holdings en 2011. C’est loin d’être le cas en Europe.
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