Les coûts de R&D ont pesé sur la rentabilité de SAP au premier trimestre
Si le chiffre d’affaires total de SAP, en hausse de 21% à 3 milliards d’euros, est ressorti globalement en ligne avec les attentes au premier trimestre, le «fort rebond des coûts de R&D» combiné à «une marge brute faible sur les services», explique, selon le bureau d’analyse d’Oddo Securities, un bénéfice d’exploitation (non IFRS) bien inférieur au consensus. A 779 millions, celui-ci a augmenté de 26% en rythme annuel à fin mars, contre une croissance de 39% anticipée par les analystes. L’action, qui avait gagné 20% depuis le début de l’année, s’est repliée hier de 5,7% à 43,1 euros.
Oliver Finger, analyste chez DZ Bank, juge ces résultats «assez décevants», avec notamment une croissance de l’activité logiciels et services (+7%) assez faible en Allemagne. Concernant les seules ventes de licences, la zone Europe / Moyen-Orient / Afrique a enregistré «une croissance organique de 3%, contre une hausse de 11% sur la zone Amérique et de 22% en Asie-Pacifique», selon les calculs d’Oddo Securities. Les trois premiers mois de l’année représentent «le plus petit trimestre de SAP pour les licences (entre 15,5% et 16,5% des licences totales», relève toutefois le courtier.
La France a bien tiré son épingle du jeu à cet égard, avec des ventes de licences «en croissance organique de 15% au premier trimestre», a indiqué hier au cours d’une conférence de presse Nicolas Sekkaki, directeur général de la filiale française de SAP. Ces ventes ont bénéficié de la bonne performance commerciale de SAP France dans le secteur de la distribution et de la finance (banques et assurances), ce qui a largement compensé la faiblesse jugée «temporaire» de l’industrie et de la «Business Intelligence».
Pour l’ensemble de l’exercice, le groupe a confirmé anticiper un chiffre d’affaires logiciels et services, exprimé en données non-IFRS, en augmentation de 10% à 14% à taux de change constant. Le bénéfice d’exploitation 2011 est toujours attendu entre 4,45 et 4,65 milliards d’euros, correspondant à une hausse de 12% à 16% et à une marge d’exploitation en progression de 0,5 à 1 point. Bien que SAP privilégie toujours la croissance organique, «des acquisitions sélectives de petite taille ne sont pas à exclure si elles contribuent à accélérer le rythme d’innovation», a déclaré le co-président du directoire Bill McDermott.
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