Les cours du pétrole sont dans une zone à risque pour les entreprises
Il y a quelques semaines, pour profiter de la hausse des cours du pétrole, les arbitragistes de la Société Générale conseillaient à leurs clients de vendre les titres des compagnies aériennes et acheter ceux des majors du pétrole. Une tactique instinctive mais parfaitement confirmée par les chiffres. Les analystes de Citigroup calculent qu’au cours des six derniers chocs pétroliers, c’est-à-dire les périodes durant lesquelles le cours du pétrole a doublé, les valeurs du transport aérien et du tourisme ont chuté en moyenne de 12% quand celles du secteur pétrolier et gazier augmentaient de 28% (voir graphique).
Or, ce décalage risque encore de s’accentuer dans les prochaines semaines, alors que les cours du pétrole pourraient continuer à croître. La probabilité que le Brent monte à 150 dollars le baril est passée de 3% il y a un mois à 21%, note la Deutsche Bank. «S’il atteint ce niveau, et s’il y reste, la croissance mondiale pourrait tomber de 4,2%, notre prévision actuelle, à 2,2%. Cela aurait alors pour conséquence de faire chuter de 6% le bénéfice par action du Stoxx 600» cette année, préviennent les analystes de la banque allemande.
Si les compagnies aériennes ou les constructeurs automobiles seront en première ligne en cas de flambée prolongée du prix du baril, d’autres secteurs seront également touchés. Parmi eux, les groupes de construction, notamment les plus petits qui ont plus de mal à relever leurs prix. Autre secteur à risque, les concessions autoroutières. Dans une récente étude, Oddo calculait qu’un scénario noir, marqué par une baisse de 1% du trafic de véhicules légers en 2011 contrecoup de la hausse des prix à la pompe, entraînerait une baisse de 2,5% du bénéfice par action de Vinci et de 4,1% pour celui d’Eiffage, dont 70% du bénéfice d’exploitation estimé dépend des concessions.
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