Les cours du gaz naturel explosent ce mercredi sur le marché européen à Rotterdam. Ils sont passés de 88,03 à 114,29 euros/MWh, soit un bond de 30% pour le cours spot TTF !. Les contrats à 1 mois, qui avaient déjà gagné 20% mardi, bondissent de +40% passant de 115,80 à 162,12 euros/MWh. L’indice de référence équivalent a également gagné 39% au Royaume-Uni à un niveau sans précédent de 407,82 pence/thermie (100.000 British thermal unit, Btu).
La crise de l’offre de gaz touche désormais toute l’Union européenne (UE), dont les gouvernements tardent à prendre des mesures rapides pour protéger l’économie. La commissaire européenne chargée de l’énergie, Kadri Simson, a déclaré que le bloc prévoit de réviser les règles du marché du gaz d’ici à la fin de l’année pour empêcher la flambée des coûts de l’énergie d’étouffer la reprise économique.
La France, l’Espagne et d’autres pays européens ont appelé mardi le bloc à prendre des mesures urgentes pour amortir le coup de la flambée des prix du gaz, et également enquêter sur les causes de cette flambée.
Les marchés mondiaux du gaz et du charbon se sont resserrés en ce début de saison de chauffage pour l’hémisphère nord, notamment dans le nord de l’Europe où les températures sont inférieures aux normales saisonnières, alors que les stocks de gaz sont à leur plus bas niveau saisonnier depuis plus d’une décennie,. Autres facteurs : les approvisionnements en provenance de Russie sont limités et la concurrence mondiale amène les principaux exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’acheminer vers l’Asie, plus habituée à le payer plus cher. Du coup, l’offre reste trop contrainte face à la demande.
Hausse des rendements obligataires
Mercredi, Nord Stream et Nord Stream 2 ont obtenu un coup de pouce dans leur lutte contre les règles de l’UE qui soumettent tous les gazoducs nouveaux et existants impliquant des fournisseurs étrangers aux exigences d’ouverture du marché de l’énergie européen, mais on ne sait toujours pas quand l’approvisionnement via Nord Stream 2, le nouveau pipeline controversé en provenance de Russie, pourra commencer.
Au Royaume-Uni, le risque d’inflation induit fait grimper les coûts d’emprunt du gouvernement britannique. Les taux à 10 ans sont montés à 1,152%, un pic depuis mai 2019. Les taux en zone euro sont également orientés à la hausse, et remontent à leur plus haut niveau depuis juin dernier. Les taux à 10 ans allemands montent de près de 2 points de base. Les taux italiens prennent 4 points de base.
Les industries accusent le coup
Le bond des prix du gaz commence désormais à se faire sentir dans l’industrie en Europe. Alors que certaines usines ont déjà réduit leur production au Royaume-Uni ces dernières semaines, les entreprises européennes à forte consommation d’énergie, comme dans la chimie, sont à leur tour contraintes de le faire.
Le producteur d’engrais allemand SKW a annoncé la réduction temporaire de 20% de la production d’azote d’une de ses usines en raison de la forte hausse des prix de l’énergie.
Au-delà du choc sur l’inflation de la hausse des prix du gaz, la crainte désormais est que cette flambée des coût de l’énergie ne ralentisse le rythme de la reprise.
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