Les constructeurs automobiles allemands renforcent leur emprise outre-Atlantique

Les groupes américains veulent regagner du terrain sur le segment du luxe dominé par BMW et Mercedes, qui ont détrôné la gamme Lexus de Toyota
Yves-Marc Le Reour

Le salon automobile de Detroit s’est ouvert hier dans une ambiance plutôt optimiste pour le marché américain, si l’on en croit les déclarations de plusieurs constructeurs. Après une progression légèrement supérieure à 10% à 12,8 millions d’unités l’an dernier, les ventes de voitures aux Etats-Unis devraient atteindre entre 13,5 et 14,5 millions en 2012, soit une hausse comprise entre +6% à +13%. «Une part disproportionnée de la croissance du marché ira vers le segment haut de gamme», pronostique Dieter Zetsche, président du directoire de Daimler et directeur de Mercedes-Benz.

Les groupes allemands sont très présents dans les voitures de luxe outre-Atlantique où BMW et Mercedes ont pris les deux premières places du segment en 2011, avec respectivement 247.907 (+12,6%) et 245.231 (+13,3%) véhicules vendus. Ceci au détriment de la gamme Lexus de Toyota, reléguée à la troisième place avec 198.552 unités écoulées (-13%). Dans ce contexte, après avoir dû renoncer à une fusion pleine et entière avec Porsche pour éviter des conflits juridiques, Martin Winterkorn, directeur général de Volkswagen, envisage néanmoins une intégration plus poussée entre les deux groupes afin de dégager des synergies entre ses marques haut de gamme (Bentley, Lamborghini, Bugatti et même Audi) et les modèles de sport «911» ou Cayenne de Porsche.

Attaqués sur leur territoire, mais ayant renoué avec les profits, General Motors et Ford tentent de reconquérir ce segment à travers leurs marques respectives Cadillac et Lincoln. Les ventes de Cadillac ont légèrement augmenté l’an dernier (+3,7% à 152.389 voitures), alors que celles de Lincoln sont ressorties quasiment étales (-0,2% à 85.643 unités). Ils misent sur des modèles de petite taille destinés à des clients aisés, mais plus jeunes et davantage soucieux de l’environnement. Si cette clientèle n’a pas échappé à la récession, «le prix n’est pas le principal facteur de ses décisions d’achat», estime Ludwig Willisch, directeur de BMW en Amérique du nord.

Selon les analystes de Credit Suisse, le constructeur bavarois est l’un des mieux placés pour échapper à la morosité du marché européen en commercialisant «75% de sa production hors d’Europe en 2012, contre 48% en 2007». Ils ajoutent que les groupes allemands seront «les principaux bénéficiaires de la croissance des volumes en Chine et aux Etats-Unis, ainsi que d’une dépréciation potentielle supplémentaire de l’euro».

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