Les comptes de Pfizer soulignent le profil défensif de son offre sur AstraZeneca
Les comptes trimestriels de Pfizer publiés hier font ressortir le caractère nettement défensif de sa tentative de prise de contrôle d’AstraZeneca pour 63 milliards de livres (77 milliards d’euros). Confronté à la baisse des ventes de ses produits génériques, le laboratoire pharmaceutique américain a enregistré une chute de 9% de son chiffre d’affaires à 11,35 milliards de dollars (8,18 milliards d’euros) en rythme annuel, un niveau inférieur de 6% aux attentes du consensus. Récemment réorganisé autour de trois divisions, le groupe a notamment vu les ventes de son anticholestérol Lipitor plonger de 27% tandis que celles du Viagra reculaient de 19%.
Le bénéfice net des trois premiers mois de l’année a reculé de 15,2% à 2,33 milliards de dollars, soit 36 cents par action, contre 2,75 milliards (38 cents/action) sur la période correspondante de l’an dernier. Les résultats du premier trimestre 2013 intégraient néanmoins des gains non récurrents générés par des transferts de droits de propriété sur certains produits. Le bénéfice ajusté de 57 cents ressort ainsi supérieur de 2 cents aux attentes des analystes, grâce à une baisse de 11% du coûts des ventes, de 6% des frais généraux et de 5% des dépenses de R&D. «C’est un trimestre globalement médiocre avec des ventes décevantes», estime Timothy Anderson, analyste chez Sandford Bernstein.
Compte tenu des règles en vigueur sur les OPA, Pfizer a retiré ses prévisions pour l’ensemble de l’exercice 2014, en indiquant qu’il les actualiserait «dès que possible». La reprise de son concurrent britannique stimulerait notamment son portefeuille de produits anticancéreux. Pour mener à bien cette opération, les analystes estiment que Pfizer devra relever son offre à 52 voire 55 livres par action, contre 50 livres dans sa dernière proposition, tout en augmentant la part en numéraire jusqu'à 50% au lieu de 32%.
La probabilité d’une offre hostile qui serait libellée exclusivement en numéraire est par ailleurs jugée faible, car le projet de domiciliation du groupe élargi au Royaume-Uni, qui ouvrirait la porte à une fiscalité plus avantageuse, nécessite une composante importante en actions. Selon la réglementation boursière britannique, Pfizer a jusqu’au 26 mai pour présenter une offre ferme («binding offer») ou lâcher prise.
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