Les compagnies pétrolières enchaînent les coupes budgétaires
Bousculées par le plongeon des cours du brut de près de 60% depuis juin 2014, les grandes compagnies pétrolières enchaînent les coupes franches dans leurs investissements. La dernière en date est Royal Dutch Shell. Le groupe anglo-néerlandais – à l’aune de résultats trimestriels défavorables – a indiqué hier qu’il allait amputer ses projets de 15 milliards de dollars (13,3 milliards d’euros) au cours des trois prochaines années.
«Shell pourrait réduire les dépenses encore davantage, mais nous veillons à ne pas surréagir à la chute récente des prix du pétrole et à conserver nos meilleures opportunités», ajoute le groupe. Shell a déjà considérablement réduit ses dépenses en capital nettes en 2014: elles ont reculé de 46% par rapport à 2013, pour chuter à 23,9 milliards de dollars.
A côté de cette mesure draconienne, Shell maintient ses dividendes au quatrième trimestre 2014 et au premier trimestre 2015 (à 0,47 dollar par action); pourtant, son bénéfice hors exceptionnels a atteint 3,3 milliards de dollars au dernier trimestre, un montant très inférieur aux estimations des analystes malgré sa progression de 12% en un an. Shell a été pénalisé par une chute de 30% du résultat de ses activités amont (exploration et production), à 1,73 milliard; le groupe s’est reporté sur l’aval (raffinage et distribution), dont les bénéfices ont triplé (1,55 milliard).
Face au niveau des cours du pétrole, les grandes compagnies préfèrent sacrifier leurs investissements sur l’autel des actionnaires. Total et BP ont assuré qu’ils allaient maintenir leur dividende alors qu’ils restructurent aussi.
Patrick Pouyanné, directeur général de Total, a annoncé la semaine dernière une réduction de 10% des investissements du groupe par rapport aux 26 milliards de dollars dépensés en 2014, notamment en mer du Nord et aux Etats-Unis. BP a lancé en décembre un programme de restructuration d’un milliard de dollars et annoncé le gel des salaires cette année. ConocoPhillips, qui a affiché hier une perte au quatrième trimestre 2014, va réduire ses dépenses de deux milliards de dollars (à 11,5 milliards) notamment dans l’exploration et le forage onshore, après une première réduction de 20% annoncée en décembre.
«Nous estimons une baisse de 23% des capex d’ici à 2017, ce qui permettrait aux entreprises de couvrir les dividendes», indiquent les analystes d’Exane. Ces perspectives assombrissent par ricochet celles du secteur parapétrolier.
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