Les bataillons de sociétés chinoises continuent de tisser leur toile mondiale

Le volume d’acquisitions annoncées à l'étranger a progressé de 10% en 2011. Matières premières et énergie restent les secteurs les plus prisés
Benoît Menou

La voracité mondiale des sociétés chinoises en termes d’opérations de fusions-acquisitions ne se dément pas. Selon les données de ThomsonReuters et ChinaVenture analysées par PricewaterhouseCoopers, le nombre d’opérations annoncées par les groupes chinois à l'étranger a bondi de 10% l’an passé à un nouveau record de 207 unités selon le cabinet, pour un montant cumulé en hausse de 12% à 42,9 milliards de dollars.

Et en dépit des turbulences, PwC s’attend à observer en 2012 une nouvelle croissance à deux chiffres du volume d’opérations, l’intérêt des investisseurs chinois devant rester selon Hélène Rives, responsable du China Business Group de PwC en France, «plus fort que jamais dans de nombreux secteurs et régions».

Les matières premières et l'énergie constituent des cibles de premier choix, avec 42% du nombre de transactions (près des trois quarts pour les opérations dans l’hémisphère Sud) et 83% de leur valeur. Ces secteurs ont concerné 14 des 16 transactions d’un montant supérieur à un milliard de dollars dévoilées en 2011 par des groupes chinois à l'étranger. Typiquement, le plan de privatisations mené au Portugal aiguise l’appétit chinois. State Grid a ainsi mis la main, en février 2012, sur 25% du réseau électrique REN pour près de 400 millions d’euros, deux mois après que Trois Gorges a accepté de racheter 21,35% d’EDP pour 2,7 milliards.

Pour autant, PwC souligne l’attrait croissant de l’industrie et des biens de consommation (35% des opérations annoncées, en hausse de 13 points par rapport à 2010), des secteurs visés par des acquéreurs chinois bien souvent en quête de technologies et de savoir-faire à rapatrier.

En termes géographiques, la crise a fait de l’Europe une destination prisée en 2011, avec 44 opérations (contre 25 l’année précédente), quand bien même l’Amérique du Nord a été le principal objectif avec 57 opérations, devançant d’une longueur seulement l’Asie (56 dont la moitié au Japon et à Singapour).

En parallèle, les groupes chinois ont également fait preuve d’un appétit croissant dans leur pays, avec une hausse de 11% du nombre d’opérations stratégiques annoncées en 2011, au niveau impressionnant de 3.262 transactions. Le cabinet met toutefois en avant la conjoncture incertaine sur leurs marchés domestiques pour justifier la frilosité des acteurs étrangers en Chine, avec un repli de 11% du nombre de M&A annoncées en 2011, à 482 transactions.

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