Les banques plus mesurées sur Facebook qu’au moment de son introduction
Les actionnaires de Facebook entrés au moment de l’introduction en Bourse risquent de devoir patienter encore de longs mois avant d’envisager une plus-value potentielle. Après un mois de silence réglementaire, 17 courtiers ont publié hier leur première analyse financière sur le réseau social. Et peu d’entre eux valorisent le groupe au-dessus des 38 dollars fixés comme prix d’introduction.
BMO Capital Markets, le plus pessimiste des courtiers, qui avait marginalement participé au placement, voit même le titre tomber à 25 dollars en raison de la modification du modèle de rentabilité du groupe que va imposer le ralentissement de la croissance du nombre de nouveaux utilisateurs. En moyenne, les courtiers fixent un objectif de cours à 37,5 dollars. Hier, l’action Facebook valait 32,65 dollars, soit 14% de moins que son prix d’introduction.
Mais l’opinion la plus attendue était celle de Morgan Stanley, la banque qui a dirigé le placement tant contesté des actions Facebook le mois dernier. En fixant un objectif de cours de 38 dollars à un an, avec une opinion «surpondérer», Scott Devitt, l’analyste qui dirige l’équipe internet du courtier, est cohérent avec la valorisation retenue lors de la mise en Bourse. Mais son étude tend aussi à prouver que les actions Facebook ont été placées sur le marché à un niveau de prix qui n’offrait aucune perspective de plus-value. Au cours actuel de 32,65 dollars, soit une capitalisation boursière de 77,7 milliards, la valeur d’entreprise de Facebook représente plus de 22 fois l’excédent brut d’exploitation estimé pour 2013, calcule RBC Capital Markets. Pour justifier son objectif de cours de 40 dollars à l’horizon 2014, l’analyste applique un multiple cible de 25 fois l’Ebitda, trois fois plus que Google.
Les autres grandes maisons ayant dirigé l’opération ne sont pas plus encourageantes. Bank of America-Merrill Lynch, Barclays, Citigroup et Credit Suisse sont neutres sur la valeur, avec pour Credit Suisse par exemple un objectif de 34 dollars. JPMorgan et Goldman Sachs visent pour leur part entre 42 et 45 dollars. Ces analyses devraient nourrir la polémique aux Etats-Unis sur le rôle trouble joué par les banques lors de l’introduction en Bourse. En plus des enquêtes ouvertes par les régulateurs, plusieurs investisseurs ont saisi la justice.
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