Les analystes ne sont pas convaincus par une fusion entre Misys et Temenos
Misys, éditeur anglais de logiciels bancaires, et son concurrent suisse Temenos ont confirmé tous deux vendredi être en discussions préliminaires en vue d’une fusion par échange de titres. Une annonce venant confirmer les récentes rumeurs de marché. Temenos est conseillé par Lazard, et Misys par Barclays Capital. Depuis le début de l’année, l’action Misys a rebondi de près de 42% à Londres (+1,23 % à 329,50 pence vendredi), et celle de Temenos de près de 25% à Zurich (+15,7% à 19,90 francs suisses vendredi).
Après l’échec de son rachat par Fidelity National Information Services (FIS) en août dernier faute d’accord sur le prix, Misys n’est pas prêt à se brader. «C’est justifié si l’on songe qu’il y a une dizaine d’autres acteurs intéressés, souligne un analyste de la Banque cantonale de Zurich. Mais il est clair que le prix ne sera pas bas». Pour Bryan Garnier, Misys pourrait être valorisé 1,17 milliard de livres (350 pence par action), soit un ratio valeur d’entreprise sur résultat d’exploitation (Ebit) de 11 fois pour 2012 et 9,4 pour 2013.
«D’un point de vue stratégique, la fusion des deux divisions bancaires pourrait avoir un intérêt, note Kepler. La nouvelle entité pourrait accroître substantiellement sa part de marché et renforcer sa base de revenus. D’un point de vue technologique, il pourrait aussi y avoir des avantages». Toutefois, le bureau d’analyse reconnaît que Temenos est en pleine restructuration «face à la faible demande d’investissements informatiques des banques européennes, et [que] Misys est confronté à des problèmes similaires».
Un tel rapprochement est «risqué, étant donné l’actuel bouleversement du secteur bancaire, qui représente 100% des revenus des deux sociétés, ajoute Bryan Garnier. En outre, Temenos vient juste de débuter sa phase de redressement et le chevauchement des architectures de produit ne va pas aider le projet de fusion, même si Misys a une base installée vieillissante». Avis partagé par Cheuvreux, estimant qu’une telle opération «ne ferait aucun sens pour Misys», notamment en raison du chevauchement de clientèles.
Si Bryan Garnier estime «limitées» les synergies potentielles entre les deux éditeurs, Kepler pense au contraire que la future entité peut en bénéficier, mais reste sceptique sur le calendrier de l’opération.
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