Les actionnaires pourraient hésiter à voter les retraites-chapeaux
Alors que la période électorale et la saison des assemblées générales se télescopent, les opinions sont contradictoires sur la médiatique question des retraites-chapeaux. Les politiques réaffirment leur opposition à cette forme de rémunération au nom de l’indécence, de l’inégalité ou encore de la moralisation de l’économie. Pour autant, les entreprises du CAC 40 continuent de proposer à leurs actionnaires le vote de retraites-chapeaux pour leurs dirigeants, constate le bulletin hebdomadaire sur les AG d’Euro RSCG. Si 20% des dirigeants du CAC 40 sont concernés cette année, le taux est plus faible au sein du SBF 120. Toutefois, ce niveau, qui reste élevé, pourrait s’expliquer par la crainte d’une interdiction de ce système de rémunération après les élections.
Parmi ces patrons du CAC 40, six (Bouygues, Suez Environnement, GDF Suez –Gérard Mestrallet–, Pernod Ricard –Pierre Pringuet et Patrick Ricard– et Total) sont en renouvellement de mandat et bénéficient d’un régime de retraite qui concerne l’ensemble des dirigeants et parfois des salariés du groupe. Sont également concernés Bruno Lafont, PDG de Lafarge, dont la modification du contrat de travail est présentée au vote du 15 mai prochain, et Georges Plassat, PDG de Carrefour à partir du 18 juin.
En revanche, Jean-René Fourtou (Vivendi) et Jean-François Cirelli (GDF Suez), également en renouvellement de mandat, ne bénéficient pas de retraites-chapeaux.
En la matière, les sociétés sont plus ou moins transparentes, entre celles proposant une résolution propre à la rémunération des dirigeants, celles faisant voter en bloc l’ensemble des retraites-chapeaux des dirigeants du groupe, ou celles dont le rapport spécial des commissaires aux comptes ne précise rien! L’article 225-42-1 du code de commerce n’impose pas que les engagements de retraite à prestation définie soient votés dans une résolution spécifique pour chaque bénéficiaire.
La parole est maintenant aux actionnaires. Ils sont traditionnellement favorables à ces retraites-chapeaux, avec un score moyen d’approbation de 85% l’an dernier (de 70% à 96%). Toutefois, le contexte actuel pourrait les faire changer d’avis. Ainsi les stock-options proposées par Sodexo n’ont été adoptées qu’à 78%, alors que les options étaient adoptées en moyenne à 87% l’an dernier; et les parachutes dorés du Club Med n’ont été votés qu’à 74%, pour un score moyen de 85% en 2011.
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