Les acteurs du luxe ne sont pas égaux face à la crise
Les acteurs du luxe vont-ils aussi subir la crise actuelle? L’avertissement lancé par Burberry mi-septembre sur ses résultats annuels avait fait plonger le secteur en Bourse et semblait annoncer la fin d’un âge d’or. Pourtant, la publication hier des semestriels de Prada, ressortis au-dessus du consensus Bloomberg, démontre la santé insolente du groupe italien coté à Hong-Kong.
Sur le seul deuxième trimestre (clos fin juillet), le chiffre d’affaires a crû de 20% à changes constants (+28,5% à changes courants) à 851 millions d’euros, dont +27% en Extrême-Orient (dont la Chine) qui pèse un tiers des ventes du groupe. L’Europe ne faiblit pas, grâce aux touristes, avec une croissance, aussi à changes constants, de 25%. Sur le semestre, l’Ebitda bondit de 49% à 469 millions, soit une marge de 30% (+2,2 points en un an).
Brunello Cucinelli, PDG éponyme du groupe spécialisé dans le cachemire entré à la Bourse de Milan fin avril, s’est déclaré samedi très confiant sur ses perspectives de croissance de plus de 10% des ventes cette année, après une hausse de 16% au premier semestre. Il estime que les groupes de luxe haut de gamme devraient afficher une croissance de plus de 10% cette année, tirée par la demande asiatique et d’Amérique latine. De son côté, Hermès vise pour 2012 une progression de 12% de son chiffre d’affaires à changes constants, après une hausse de 15% au premier semestre (+22% à changes courants).
En effet, «le récent profit warning de Burberry ne doit pas forcément être extrapolé à l’ensemble du secteur du luxe, note Aurel BGC. Le ralentissement de la croissance est réel mais certaines marques positionnées dans le haut luxe (Hermès) et/ou de taille modeste (B. Cucinelli, Bottega Veneta et YSL pour PPR) semblent mieux résister».
De fait, LVMH semble davantage souffrir. En publiant mi-septembre son chiffre d’affaires pour son premier trimestre clos fin juillet, Christian Dior a dévoilé indirectement un très net ralentissement de la croissance de LVMH sur le mois de juillet.
Pour Raymond James, la croissance organique se limite à 5% en juillet (sur la base d’un effet devises de +9% comme au deuxième trimestre), contre 10% au deuxième trimestre, et 14% au premier. Raymond James anticipe une croissance limitée à 7% au troisième trimestre, et Kepler à 8%, tout en estimant que LVMH devrait être un des groupes les plus résistants.
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