Les acquéreurs français se montrent un peu plus offensifs à l’international
Les apparences sont trompeuses. Malgré le rebond mondial des opérations de M&A, et l’annonce le 9 juillet de l’acquisition par Teleperformance des activités de centres d’appels d’Aegis USA, les entreprises françaises se montrent relativement peu offensives à l’international en 2014. Mais la situation semble évoluer depuis quelques semaines.
Les transactions annoncées du 1er janvier au 10 juillet par un acquéreur français sur une cible étrangère dépassent certes les 9,9 milliards d’euros, dette nette incluse, contre 6,9 milliards d’euros à la même période de l’an dernier, selon les statistiques compilées par Thomson Reuters pour L’Agefi. Des chiffres cependant en retrait par rapport aux 18,8 milliards d’euros investis lors de la période comparable de 2012. L’absence de grandes transactions pèse sur la statistique. En mars 2012, le rachat du solde du capital d’IP par GDF Suez avait représenté à lui seul près de 10 milliards. Reste qu’en nombre de deals, la tendance est à la baisse sur trois ans: 292 transactions au premier semestre 2012, 244 l’an dernier et seulement 234 cette année.
On observe cependant une récente accélération. Depuis qu’Antin Infrastructure a dévoilé début juin un investissement à 704 millions d’euros dans le pipeline gazier Cats, deux autres opérations d’envergure ont suivi. Ingenico a annoncé début juillet le rachat pour 820 millions d’euros du spécialiste néerlandais des paiements en ligne Global Collect, et Lafarge la reprise des parts d’Anglo American dans leur joint-venture Tarmac, valorisées à 1,1 milliard. Ces montants restent encore loin des transactions qui avaient animé le deuxième semestre 2013, notamment le rachat d’Invensys par Schneider Electric ou celui de Loro Piana par LVMH l’été dernier.
Or le marché actions est prêt à récompenser les audacieux. L’action Teleperformance a fini hier la séance en hausse de 3%, malgré la correction générale et un multiple d’acquisition avant synergies jugé plutôt élevé par les analystes financiers. «Teleperformance remplit en une seule fois son cahier des charges: renforcement aux Etats-Unis et complémentarité sectorielle», soulignait jeudi matin CM-CIC Securities. Le 3 juillet, au lendemain de l’annonce du rachat de Global Collect, Ingenico avait bondi de près de 10% en Bourse.
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