L’émission obligataire d’Apple attire la foule des grands jours
Apple a séduit les investisseurs hier à l’occasion du placement d’une émission obligataire en dollars de grande envergure. Alors que la marque à la pomme visait initialement un volume de 8 à 10 milliards de dollars, l’opération a permis de récolter quelque 12 milliards. L’émission comprend 7 tranches : 2 à 3 ans (taux fixe et variable), 2 à 5 ans (taux fixe et variable), et 3 à taux fixe à 7, 10 et 30 ans.
Encore Apple a semble-t-il joué la sagesse selon des sources de marché en clôturant les livres d’ordres par anticipation à près de 40 milliards de dollars, sous la direction de Deutsche Bank et Goldman Sachs. Alors que des émissions en euros ou en livres pourraient suivre, le groupe a indiqué aux opérateurs qu’aucune autre émission en dollars n’était au programme cette année, ce qui n’a pas manqué d’alimenter la demande. «Le marché a été très réceptif et (Apple) aurait pu lever davantage que les 17 milliards de dollars récoltés l’an passé, mais alors (le groupe) aurait dû accepter de payer davantage», a confié à IFR un trader. La demande étant élevée sur l’ensemble des tranches, les banques ont pu réduire de 10 à 20 points de base les rémunérations par rapport aux fourchettes indicatives. Apple a ainsi notamment consenti pour la tranche à 30 ans d’un milliard de dollars un rendement supérieur de 100 points de base par rapport aux obligations du Trésor équivalentes. L’écart s’élève à 77 pb pour la tranche à 10 ans de 2,5 milliards de dollars et à 60 pb pour celle à 7 ans de 3 milliards. La notation des obligations est attendue à Aa1 de la part de Moody’s, selon Bloomberg.
Il s’agit particulièrement pour Apple de financer le programme de rétribution de ses actionnaires, rachat de titres et dividendes, sans avoir à rogner son trésor de liquidités essentiellement entreposé à l’étranger et donc soumis à imposition défavorable en cas de rapatriement. «Nous ne sommes pas certains que cela soit dans le meilleur intérêt de nos actionnaires» a plaidé la semaine dernière le prochain directeur financier du groupe californien, Luca Maestri. Apple a alors précisé que 88% de sa montagne de cash de 151 milliards de dollars se trouvait hors des Etats-Unis. Evoquant les conditions de l’opération lancée hier, le gérant Matthew Duch de Calvert Investments assure que «le marché donne (à Apple) de l’argent à très bon marché».
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