Le vent monétaire redevient plus porteur pour les groupes européens
Le vent de face monétaire contre lequel ont dû lutter les groupes européens en 2013 et début 2014 a changé de direction. Et ce nouveau souffle pourrait devenir un excellent soutien selon les analystes de Morgan Stanley. D’après les stratèges changes de la banque américaine, les piliers qui ont alimenté la vigueur de l’euro, comme les achats d’obligations et d’actions européennes par les investisseurs étrangers ou la diversification des réserves des banques centrales, sont en train de s’effriter. Sans parler des mauvais indicateurs récemment publiés en zone euro.
Dans ce contexte, et malgré la faiblesse déjà marquée de l’euro ces dernières semaines, Morgan Stanley estime que la monnaie unique pourrait encore se replier jusqu’à 1,2 dollar d’ici au troisième trimestre 2015. En mars dernier, elle culminait à un plus haut annuel de 1,3934 dollar. Le repli pourrait donc frôler les 15%. Or, leurs calculs montrent que 10% de baisse de l’euro par rapport à un panier de monnaies augmente de 3% à 4% le bénéfice par action des groupes européens.
La levée du poids monétaire a déjà commencé à se faire sentir sur les résultats du deuxième trimestre. Les commentaires se plaignant de la vigueur de l’euro ont quasiment disparu. Un phénomène qui n’est pas totalement intégré par le marché. Selon Morgan Stanley, Essilor, L’Oréal, Schneider Electric ou encore Total sont les groupes français qui devraient le plus profiter de l’affaiblissement de l’euro. Essilor dégage par exemple 72% de ses revenus dans des devises autres que l’euro et affiche l’un des plus forts taux de corrélation négative par rapport à l’évolution de la monnaie unique de ces cinq dernières années.
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