Le traitement de choc de ThyssenKrupp ravive la spéculation dans l’inox

L’Allemand veut vendre des actifs représentant un quart de son chiffre d’affaires, dont sa filiale d’acier inoxydable. Une fusion n’est pas exclue
Olivier Pinaud

Arrivé aux commandes de ThyssenKrupp début 2011, Heinrich Hiesinger n’y va pas par quatre chemins. Le directeur général du groupe allemand, et son directoire, veulent céder des actifs représentant au total 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit un quart des revenus annuels. La division acier inoxydable, que de nombreux analystes pensaient intouchable compte tenu de sa position de numéro un européen, fait partie des actifs concernés. Une bonne surprise pour les investisseurs. L’action ThyssenKrupp a gagné 7,98% vendredi.

Ce traitement de choc doit permettre à l’aciériste de réduire une dette qui s’élevait à 7,1 milliards d’euros à fin décembre 2010 et de lui redonner des moyens pour se renforcer dans les pays en croissance. Selon l’analyste de Commerzbank, les actifs concernés représenteraient une valeur d’entreprise de 6 milliards d’euros, dont la moitié rien que pour la division acier inoxydable. Pour cette activité «toutes les options doivent être étudiées», indique ThyssenKrupp. Le plan sera présenté au conseil de surveillance le 13 mai. Plus de détails seront alors vraisemblablement communiqués.

L’annonce de cette scission a immédiatement ravivé la spéculation dans un secteur en proie à une surcapacité depuis des années et à des prix en baisse (-13% en 2010). «Ce projet ne fait pas qu’affirmer les défis structurels de cette industrie, il accentue aussi les besoins de consolidation dans l’acier inoxydable européen», souligne l’analyste de Nomura. Malgré un chiffre d’affaires de 5,9 milliards d’euros lors de l’exercice clos le 30 septembre 2010, en hausse de 34%, la division a encore essuyé une perte d’exploitation de 121 millions d’euros.

ThyssenKrupp et ses concurrents ont bien envisagé en 2009 une consolidation du secteur. Mais le premier sidérurgiste allemand avait finalement décidé de faire cavalier seul. Récemment, Lakshmi Mittal, le président d’Arcelor Mittal, avait lui aussi reconnu que les «années et les années» de discussion n’avaient pas permis d’aboutir. Résultat, le premier aciériste mondial a décidé de scinder sa division inox, Aperam, début 2011. Cette fois, les investisseurs espèrent que la décision de ThyssenKrupp permettra un rapprochement. Selon eux, le finlandais Outokumpu serait un partenaire idéal. Aperam et Acerinox sont également cités.

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