Le ton monte au sommet de la Société de la Tour Eiffel
Du rififi à la Société de la Tour Eiffel (STE). Compagnie MI 29, contrôlée par Chuc Hoang, premier actionnaire de la foncière, s’apprête à porter plainte en son nom mais pour le compte de la Société de la Tour Eiffel, pour abus de pouvoir et abus de biens sociaux à l’encontre de Mark Inch, Robert G. Waterland et Renaud Haberkorn, actuellement président, administrateur et directeur général de la société, en raison de rémunérations «excessives».
Dans une lettre du 25 septembre que L’Agefi a pu consulter, MI 29 demande aux administrateurs de «prendre sans délai les mesures nécessaires pour faire sanctionner les infractions commises et obtenir l’indemnisation de STE».
Sans quoi, défendu par le cabinet Versini-Campinchi, il menace de saisir le juge en début de semaine prochaine. STE confirme à L’Agefi avoir bien reçu cette lettre à laquelle il répondra prochainement. Ce contentieux ne date pas d’hier. Approché au printemps dernier par le président de STE, MI 29 a signé en avril un contrat d’option d’achat auprès de Eiffel Holding, société immatriculée à Dubai dont les actionnaires sont Mark Inch et Robert G. Waterland, portant sur 8,6% du capital. L’option a été exercée comme prévu. Parallèlement, MI 29 a acquis des titres sur le marché et détient aujourd’hui 23% du capital, soit un investissement de l’ordre de 63 millions d’euros financé uniquement sur fonds propres. Néanmoins, Chuc Hoang n’a pas obtenu les deux postes d’administrateurs demandés.
En outre, MI 29 a découvert dans le rapport annuel 2012 que la direction générale de STE s’était fait allouer «un ensemble de rémunérations excessives au sens de la loi pénale qui incrimine l’abus de biens sociaux». MI 29 a aussitôt mandaté un expert judiciaire, le cabinet Bergeras, sur les normes de rémunération de la profession.
Selon ce document, le coût total pour la société de la rémunération de ses six dirigeants s’élève à plus de 5 millions d’euros en 2012, en hausse de 85% sur un an, et représente 7,3% des loyers, alors que STE a dégagé une perte de 6,1 millions sur la même période. La rémunération du président «est 2,3 fois supérieure à la rémunération moyenne relevée dans un échantillon de sociétés comparables et celle du directeur général est cinq fois supérieur, conclut le rapport. En tout état de cause, ce niveau des rémunérations ne paraît pas proportionné au niveau des performances de la Société de la Tour Eiffel».
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