Le titre Eurotunnel profiterait de l’arrêt de l’exploitation de MyFerryLink
Le conflit entre Eurotunnel et l’autorité britannique de la concurrence n’est pas prêt de s’éteindre. Pour la seconde fois, la Competition and Markets Authority (CMA, ex Competition Commission) a interdit aux ferries de MyFerryLink (MFL), filiale d’Eurotunnel, d’accoster à Douvres. Dès le mois de mars, l’autorité britannique avait émis un avis préliminaire dans ce sens, rappelant que la création de MFL relève bien du droit des concentrations et qu’elle n’a donc pas à modifier sa décision de juin 2013. Pourtant, Eurotunnel avait gagné en appel en décembre 2013, les juges estimant que l’achat, dans le cadre d’enchères publiques, d’actifs d’une société liquidée depuis 9 mois (SeaFrance) ne pouvait constituer la reprise d’un fonds de commerce. Aussi, Eurotunnel a décidé de nouveau d’interjeter appel de cette décision. «La décision de la CMA est un déni de réalité, a déclaré Jacques Gounon, PDG de Groupe Eurotunnel. Elle pénalise le consommateur et prive 600 personnes de travail sans réelle justification [les salariés de la Scop MFL, ndlr].»
Pour l’heure, la CMA donne six mois à Eurotunnel pour arrêter ses services et l’invite à céder MFL. Elle motive sa décision par le fait que deux des opérateurs perdent de l’argent, et estime le niveau actuel de la concurrence non soutenable. Pour sa part Eurotunnel rappelle que les parts de marché fret actuelles –37% pour Eurotunnel, 29% pour P&O, 24% pour DFDS et 9% pour MFL– «démontrent que les compétiteurs ferries ont de solides positions que MyFerryLink ne peut en rien menacer». Et en «retirant un concurrent du marché, la CMA organise un duopole de fait sur le secteur maritime, qui devrait se traduire par une augmentation des tarifs pour le consommateur», ajoute l’opérateur du tunnel sous la Manche.
Ce nouveau revers a incité Oddo à relever son objectif de cours sur Eurotunnel de 9,20 à 11,20 euros. L’action a clôturé vendredi à 9,95 euros (+3,24%). Le courtier anticipe un arrêt de l’exploitation de MyFerryLink, qui constituera «un catalyseur important à la revalorisation du groupe». Non seulement Eurotunnel n’aura plus à consolider une activité en perte, mais encore il devrait bénéficier d’un trafic supplémentaire lié à une réduction du nombre de ferries. Par ailleurs, Eurotunnel dispose d’autres atouts: «redressement du marché transmanche, hausse régulière du dividende, arrivée de la Deutsche Bahn», ajoute Oddo.
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