Le surcoût pour prendre le contrôle d’Edison sera minime pour EDF

Le français ajoutera au plus 113 millions d’euros. D’importants minoritaires pourraient ne pas participer à l’offre et réduire ainsi la facture finale
Olivier Pinaud
Ligne électrique au-dessus de Rome en Italie. Photo: Alessia Pierdomenico/Bloomberg
Ligne électrique au-dessus de Rome en Italie. Photo: Alessia Pierdomenico/Bloomberg  - 

Après des mois de négociations à couteaux tirés, EDF va devoir fournir un dernier petit effort pour pouvoir enfin disposer du contrôle d’Edison. La Consob, l’autorité des marchés financiers italienne, a en effet refusé d’approuver le projet d’offre de rachat des actionnaires minoritaires du groupe gazier italien. Elle juge insuffisant le prix de 0,84 euro par action proposé par EDF, car il ne reflète pas selon elle la véritable valeur des actifs d’Edipower revendus par le groupe français aux anciens actionnaires d’Edison, ni la valeur des contrats gaziers du groupe italien. Un prix supérieur, jusqu’à 0,95 euro par action, serait acceptable, estime la Consob.

Le groupe français devrait formuler une nouvelle proposition dans les tous prochains jours afin de pouvoir définitivement boucler le dossier d’ici au mois de juin. EDF a intérêt à aller vite. D’une part, «l’opération fait énormément de sens pour EDF car elle lui apporte le pilier gazier qui lui manquait. Or, le gaz est devenu encore plus stratégique depuis l’accident nucléaire de Fukushima», indique Alain Demarolle, gérant-fondateur d’Alura Capital, actionnaire d’Edison. Ensuite, «obtenir le contrôle d’Edison est nécessaire pour pourvoir mettre en œuvre les synergies opérationnelles et financières.» Enfin, pour EDF, l’effort financier est minime. En supposant que le prix soit porté à la borne haute établie par la Consob (0,95 euro), et que la totalité des actionnaires minoritaires (19,36% du capital, soit un peu plus d’un milliard d’actions) apportent leurs titres, le surcoût maximum est estimé à 113 millions d’euros, par rapport aux 860 millions initialement envisagés.

Le surcoût réel devrait être inférieur. Carlo Tassara, le holding de l’homme d’affaires Romain Zaleski, ne devrait pas apporter à l’offre sa participation de 10,02% au capital d’Edison. Si tous les autres actionnaires minoritaires répondaient favorablement, le prix supplémentaire à payer pour EDF retomberait alors à 55 millions d’euros en haut de fourchette. En milieu de fourchette (0,895 euros), EDF devrait ajouter seulement 28 millions d’euros. Soit un peu plus de la moitié des synergies opérationnelles que le groupe d'énergie français compte obtenir chaque année à partir de 2015 de l’intégration d’Edison. Quoi qu’il en soit, le groupe italien restera coté à Milan.

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