Le sucrier Cristal Union digère bien l’acquisition de la Vermandoise

La dette nette de la coopérative affiche une baisse de 30% sur l’exercice 2012-2013 pour s’établir à 437 millions d’euros
Antoine Duroyon

A l’aube d’une nouvelle campagne betteravière, Cristal Union (marque Daddy) poursuit sa croissance à rythme soutenu. L’opération de rachat du groupe Vermandoise (SVI) en 2011, un morceau à 951 millions d’euros, a permis au groupe, également positionné sur l’alcool et l’éthanol, de franchir une nouvelle étape. Lors d’une conférence de presse vendredi à Paris, le groupe actif à tous les niveaux de la filière (production, transformation et négoce) a fait état d’une hausse soutenue de ses résultats estimés au titre de l’exercice clos à fin septembre et d’un effort de désendettement important.

Le chiffre d’affaires a grimpé de 14% (la croissance externe pesant à hauteur de 12%), à 2 milliards d’euros, tandis que l’excédent brut d’exploitation a grimpé de 25% pour atteindre 380 millions d’euros. La marge brute d’exploitation ressort ainsi à 18,9%, en hausse de 150 points de base comparé à l’exercice précédent. Dans le même temps, la dette nette a reculé de 30% pour tomber à 437 millions d’euros. Le rachat de la Vermandoise avait été financé à crédit par le Crédit Agricole Nord-Est et CA CIB, la coopérative disposant à l’époque d’une trésorerie nette de 230 millions d’euros.

Dans le sillage de cette acquisition, plus de 90% des planteurs de SVI ont souhaité devenir coopérateurs en souscrivant des parts sociales pour un montant de 120 millions d’euros environ. Le cinquième sucrier européen, qui a déjà investi 745 millions d’euros sur les cinq dernières années dans son outil industriel, se prépare à la disparition des quotas de sucre en 2017. Outre une expansion dans la chimie verte et les produits biosourcés, il compte accroître l’ensemble de ses surfaces betteravières de 15% au cours des quatre prochaines années, tout en jouant sur les coûts, notamment énergétiques. Son concurrent Tereos, numéro un français, poursuit un même effort de compétitivité avec un programme d’investissements de 150 millions d’euros sur cinq ans.

Sur le plan du financement, Cristal Union ne s’interdit pas une diversification. «Nous nous sommes posés la question d’un recours au marché des placements privés mais nous n’y avons pas trouvé d’intérêt pour le moment. On y reviendra en cas de développement stratégique ou de croissance externe forte», souligne Alain Commissaire, directeur général de Cristal Union. Le numéro deux français du sucre fait figure de candidat idéal vu la qualité de ses ratios financiers.

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