Le sucrier Cristal Union digère bien l’acquisition de la Vermandoise
A l’aube d’une nouvelle campagne betteravière, Cristal Union (marque Daddy) poursuit sa croissance à rythme soutenu. L’opération de rachat du groupe Vermandoise (SVI) en 2011, un morceau à 951 millions d’euros, a permis au groupe, également positionné sur l’alcool et l’éthanol, de franchir une nouvelle étape. Lors d’une conférence de presse vendredi à Paris, le groupe actif à tous les niveaux de la filière (production, transformation et négoce) a fait état d’une hausse soutenue de ses résultats estimés au titre de l’exercice clos à fin septembre et d’un effort de désendettement important.
Le chiffre d’affaires a grimpé de 14% (la croissance externe pesant à hauteur de 12%), à 2 milliards d’euros, tandis que l’excédent brut d’exploitation a grimpé de 25% pour atteindre 380 millions d’euros. La marge brute d’exploitation ressort ainsi à 18,9%, en hausse de 150 points de base comparé à l’exercice précédent. Dans le même temps, la dette nette a reculé de 30% pour tomber à 437 millions d’euros. Le rachat de la Vermandoise avait été financé à crédit par le Crédit Agricole Nord-Est et CA CIB, la coopérative disposant à l’époque d’une trésorerie nette de 230 millions d’euros.
Dans le sillage de cette acquisition, plus de 90% des planteurs de SVI ont souhaité devenir coopérateurs en souscrivant des parts sociales pour un montant de 120 millions d’euros environ. Le cinquième sucrier européen, qui a déjà investi 745 millions d’euros sur les cinq dernières années dans son outil industriel, se prépare à la disparition des quotas de sucre en 2017. Outre une expansion dans la chimie verte et les produits biosourcés, il compte accroître l’ensemble de ses surfaces betteravières de 15% au cours des quatre prochaines années, tout en jouant sur les coûts, notamment énergétiques. Son concurrent Tereos, numéro un français, poursuit un même effort de compétitivité avec un programme d’investissements de 150 millions d’euros sur cinq ans.
Sur le plan du financement, Cristal Union ne s’interdit pas une diversification. «Nous nous sommes posés la question d’un recours au marché des placements privés mais nous n’y avons pas trouvé d’intérêt pour le moment. On y reviendra en cas de développement stratégique ou de croissance externe forte», souligne Alain Commissaire, directeur général de Cristal Union. Le numéro deux français du sucre fait figure de candidat idéal vu la qualité de ses ratios financiers.
Plus d'articles du même thème
-
Unilever mise sur l’effet prix pour maintenir la croissance de ses ventes
Le groupe de biens de consommation relève légèrement son objectif de croissance des volumes en 2026, d’environ 3% à au moins 3%, et vise une hausse de 5% du chiffre d’affaires au second semestre, au lieu d’une fourchette de 4% à 5%. -
Alan gagne la Sécu, et vise désormais les étudiants
L’assureur emporte le contrat santé d’au moins 150.000 personnes et gagne aussi le marché du département de l’Orne, illustrant à nouveau sa capacité à occuper aussi le terrain de la fonction publique territoriale. -
En Inde, la cotation de Jio accumule les records
Issu du groupe Reliance, contrôlé par la famille Ambani, l’opérateur télécom a signé mercredi 28 octobre une spectaculaire entrée en Bourse pour son premier jour de cotation. Au point de devenir la deuxième capitalisation boursière indienne.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Dette française : le piège de l’argument patrimonial
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreMarc Fesneau : « L'AMF est prise en otage par son président David Lisnard »
Dans une tribune à l'Opinion, le député MoDem Marc Fesneau dénonce le mélange des genres du maire de Cannes, candidat à sa succession à la tête de l'AMF et candidat à la présidentielle, et qu'il accuse de créer «les conditions d’une grande alliance avec le RN» -
Lignes de fondUn succès de l’IPO d’Anthropic planterait le dernier clou dans le cercueil de l’ESG
Le géant de l’IA fait de son mieux pour paraître au seuil de Wall Street vêtu de probité candide et de lin blanc. Pourtant... -
SagesseL’Allemagne tente de construire une politique chinoise cohérente
Pendant que le président allemand se trouve en Chine, le chancelier fait une tournée asiatique avec Pékin en toile de fond