Le succès des options sur le titre Facebook laisse craindre un été chahuté

Les contrats dérivés ont fait leur apparition mardi, dévoilant un fort déséquilibre en faveur des options de vente
Benoît Menou

La douche froide subie par les actionnaires de Facebook depuis l’introduction en Bourse du site de réseau social le 18 mai (au prix de 38 dollars par action) ne semble pas devoir prendre fin de sitôt. Le titre a clôturé hier soir à 28,29 dollars, en repli de 1,91% sur la séance et de 26% depuis ses premiers pas sur le Nasdaq. A en croire les premiers éléments de négociations sur les options liées à l’action, qui ont fait leur apparition mardi, la défiance des investisseurs envers Facebook va se poursuivre. Selon Bloomberg, sur la séance de mardi, 200.000 options de vente (put) ont été négociées, 1,2 fois plus que le volume d’options d’achat (call). Le droit de vendre le titre à 30 dollars à fin juin a été le contrat le plus prisé, à 23.723 unités.

Pour Janet Tavakoli, présidente de Tavakoli Structured Finance à Chicago, pas de doute, la valorisation de Facebook apparaît comme «un grand bluff». La dirigeante est certaine que le titre conserve un important potentiel de repli, notamment à partir du mois d’août à l’occasion des premières levées d’obligation de conservation du titre (lock-up). Elle a confié à Reuters avoir acquis pour 210 dollars des puts représentant chacun 100 titres à échéance fin septembre pour un prix d’exercice de 25 dollars.

La valorisation actuelle du titre Facebook invite déjà à la prudence. Comme le souligne Bloomberg, le cours devrait encore abandonner 20% pour que le ratio de capitalisation des bénéfices des douze prochains mois, à 23,7, soit égal à celui de l’indice des sociétés internet cotées sur le Nasdaq. Le niveau de prime consentie n’avait pas effrayé les investisseurs lors de l’introduction en Bourse.

Plaintes à l’appui, ils estiment depuis avoir été trompés par Facebook et par les banques conductrices de l’opération, au premier rang desquelles Morgan Stanley, sur fond de prévisions de croissance de l’activité et des bénéfices qui semblent désormais toujours plus difficiles à respecter, en dépit d’espoirs quant à une diversification verticale dans les smartphones.

Mais si l’horizon à court terme semble bien couvert, suscitant la désillusion, nombre d’analystes soulignent la qualité du titre à long terme. L’un d’eux rappelle que l’action « Google a semblé chère pendant très longtemps», avant de décoller. A ses yeux, «c’est ce qui arrive aux sociétés qui bouleversent leur industrie».

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