Le sort du secteur de la défense est suspendu au mur budgétaire américain

La réélection de Barack Obama fait craindre de nouvelles mesures d'économies après les 487 milliards de dollars sur dix ans déjà annoncés début 2012
Olivier Pinaud

D’un point de vue purement financier, les dirigeants des grands groupes du secteur de la défense auraient certainement préféré une victoire de Mitt Romney à l'élection présidentielle américaine. En cas d’arrivée à la Maison Blanche, le candidat républicain avait en effet prévu de mettre fin aux coupes dans le budget de la défense et de consacrer 4% du PIB américain chaque année à l’armée, sans compter les coûts de guerre. A la place, la réélection de Barack Obama fait craindre une nouvelle contraction des budgets militaires.

Le risque d’une réduction automatique de 10% des dépenses annuelles dès janvier 2013, soit près de 50 milliards de dollars, en cas de mise en œuvre de la procédure dite de «séquestration» paraît faible, selon de nombreux analystes. Avant d’arriver à cet extrême, le nouveau président devrait en effet être en mesure de trouver un accord avec le Congrès en vue de faire face au «mur budgétaire» (fiscal cliff). Mais il est probable que la défense en fasse les frais. Les experts de Credit Suisse n’excluent pas 20 à 25 milliards de dollars de coupes annuelles. L’an dernier, l’administration Obama avait déjà annoncé 487 milliards de dollars d’économies sur dix ans. Sur cette base, le budget américain de la défense pourrait retomber à 500 milliards de dollars par an en 2016, et représenter moins de 3% du PIB.

Le président réélu a assuré qu’il ne toucherait pas aux soldes des militaires. En revanche, de nouveaux efforts devraient être demandés aux équipementiers de l’US Army. Compte tenu de l’inertie de 18 à 24 mois des contrats en cours, l’impact sur les résultats ne devrait se faire réellement sentir qu’en 2014 et 2015. Dans ce cas, les analystes de Morgan Stanley reconnaissent que le consensus est encore trop élevé.

D’autant qu’un autre élément risque de peser sur le secteur dans les prochains mois. Le nouveau gouvernement américain pourrait en effet relever fortement la taxe sur les dividendes, de 15% actuellement à plus de 40%.

Or, ces derniers mois, le rendement offert par les groupes de défense a servi d’excellent refuge aux investisseurs. Il est passé en moyenne de 0,9% en 1999 à 1,7% en 2002 puis à 3,3% en 2012, rappellent les analystes de Morgan Stanley, expliquant en grande partie la bonne résistance des valeurs du secteur à la crise.

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