Le sidérurgiste ArcelorMittal a pleinement tiré profit de la remontée des prix de l’acier
Avant Salzgitter aujourd’hui et ThyssenKrupp demain, ArcelorMittal a publié hier des résultats solides au titre du premier trimestre. Le numéro un mondial de l’acier a dégagé sur les trois premiers mois de l’année un excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 2,58 milliards de dollars (1,79 milliard d’euros), en hausse de 52% sur un an, pour un chiffre d’affaires de 22,2 milliards de dollars (+27%). Le bénéfice net a également bondi (+67%) pour atteindre 1,07 milliard de dollars, largement au dessus du consensus (759 millions).
«Comme nous l’avions prévu, nous avons connu un regain d’activité en début d’année et enregistré une augmentation des expéditions et des prix de vente», a expliqué le PDG Lakshmi Mittal. Selon la lettre sectorielle Metal Bulletin, les prix de l’acier ont flambé de 32% en Europe entre mi-novembre et fin mars. Une remontée des prix qui a permis de faire mieux que corriger l’inflation des matières premières. Ainsi, le coût de l’acier laminé à chaud, un élément incontournable dans la production automobile, s’est apprécié de 25% au cours du trimestre.
«Nous apprécions la capacité d’ArcelorMittal à compenser la hausse du coût des matières premières grâce à des prix de vente en progression à court terme, bien que le récent fléchissement des prix de l’acier en Europe et en Amérique du Nord suggère que les marges d’ArcelorMittal pourraient être sous pression plus tard dans l’année», nuançait hier dans une note Jeffrey Largey, analyste chez Nomura.
La tendance devrait rester «bonne» au deuxième trimestre, a souligné le directeur financier Aditya Mittal, «étant donné que nous attendons une hausse des volumes au vu d’une poursuite de la reprise graduelle de la demande sous-jacente et d’une amélioration du sentiment du marché». Le taux d’utilisation des capacités de production devrait remonter à 80% contre 75% au premier trimestre. Le groupe table sur un Ebitda compris entre 3 et 3,5 milliards de dollars, soit son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2008. Une prévision qui pourrait toutefois être jugée «un peu décevante» selon les analystes de Credit Suisse. L’incertitude se fait en revanche plus forte pour le second semestre, où un effet de saisonnalité entraîne traditionnellement des ventes moins élevées.
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