Le secteur électrique devra s’adapter au défi d’une production intermittente

Le développement des énergies alternatives obligera les opérateurs européens à investir pour modifier l’architecture des réseaux à haute tension
Yves-Marc Le Reour
Photo: Fred Marvaux/REA
Photo: Fred Marvaux/REA  - 

Faire face à la croissance de la demande au moindre coût va constituer le principal défi pour les compagnies électriques à moyen terme, selon les participants d’une table-ronde organisée la semaine dernière, à l’occasion du 17e sommet international du gaz et de l’électricité. Alors que la demande électrique mondiale devrait doubler d’ici 2050, «la pression démographique aboutira à une multiplication par 4 de la consommation d’électricité dans les pays émergents sur la période», indique François Dassa, chef du département prospective et relations internationales d’EDF.

Outre une diversification du mix-énergétique vers des sources renouvelables, «on constate aux Etats-Unis ou au Japon une utilisation grandissante du gaz dans la production d’électricité de base comme alternative au charbon ou au nucléaire», remarque Jean-Baptiste Sejourné, directeur délégué de GDF-Suez Energie France. De son côté, l’Allemagne, qui a renoncé au nucléaire, «s’est fixé comme objectif de produire 80% de son électricité à partir de sources renouvelables à l’horizon 2050», rappelle Luc Poyer, président du directoire d’E.ON France.

Hormis le coût élevé (environ 20 milliards d’euros par an outre-Rhin) des subventions accordées à ces énergies «vertes», se pose en Europe la question de l’adaptation des infrastructures existantes à une production électrique intermittente. Compte tenu des déficits publics, la construction de nouvelles lignes à haute tension, permettant de garantir la sécurité d’approvisionnement, entraînera de nouvelles hausses des prix de vente au consommateur final.

La maîtrise des coûts de production des opérateurs est d’autant plus cruciale que l’intensité capitalistique élevée de cette industrie (jusqu’à 3 fois le chiffre d’affaires) «peut avoir des conséquences fortement négatives en cas de mauvais choix d’investissements», relève François Dassa. En raison d’une efficacité jugée insuffisante, les investissements dans les centrales à gaz à cycle combiné sont ainsi quasiment à l’arrêt en Europe.

En tant qu’équipementier, Alstom met au point des technologies, notamment dans le captage et le stockage de carbone, qui contribueront à accroître la fiabilité et la flexibilité de la production. «La moitié des nouvelles capacités électriques mondiales installées à un horizon de 5 ans n’émettra plus de carbone», pronostique Philippe Paelinck, vice-président chez Alstom Power.

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