Le secteur du transport aérien retrouve peu à peu l’optimisme
Grâce à une reprise marquée de la demande après une longue période de marasme, plusieurs transporteurs aériens européens ont récemment amorcé un mouvement de hausse de leurs prévisions pour les prochains mois. A l’issue d’une réunion sur sa stratégie qui s’est tenue mardi, Air France-KLM a jugé que les recettes constatées et le niveau actuel des réservations lui permettaient de prévoir désormais «un résultat d’exploitation courant qui sera positif pour son exercice finissant au 31 mars 2011, sauf événement adverse majeur». Ce résultat, qui s’entend hors impact de la fermeture de l’espace aérien en avril suite à l’éruption du volcan islandais, était attendu à l’équilibre fin juillet.
Lufthansa prévoit désormais pour 2010 «un bénéfice d’exploitation supérieur à 800 millions d’euros», alors qu’il se disait auparavant en accord avec les 518 millions prévus par le consensus des analystes. La compagnie allemande, qui juge difficiles des hausses de prix en Europe, a constaté une reprise de la demande de fret combiné à une plus importante fréquentation du segment «premium», le plus lucratif dans le transport de passagers. Le groupe a précisé qu’il comptait reprendre le versement d’un dividende au titre de l’exercice 2010.
British Airways, qui dévoilera aujourd’hui ses derniers résultats trimestriels en tant que société indépendante avant sa fusion avec Iberia, devrait afficher pour la première fois depuis mi-2008 un résultat net positif, attendu proche de 160 millions de livres. Les huit plus grandes compagnies américaines ont par ailleurs enregistré au dernier trimestre leurs plus importants bénéfices en trois ans. Cette évolution est cohérente avec les dernières prévisions de l’IATA qui a plus que triplé ses prévisions de bénéfices annuels pour le secteur à 8,9 milliards de dollars (6,45 milliards d’euros).
Compte tenu de la cyclicité du secteur, la pérennité de ce redressement est toutefois loin d’être garantie. «Le risque principal serait de voir les compagnies augmenter trop vite leurs capacités en ouvrant de nouvelles destinations, ce qui pèserait sur les tarifs», juge Douglas McNeill, analyste chez Charles Stanley. L’IATA anticipe d’ailleurs des bénéfices cumulés retombant à 5,3 milliards de dollars en 2011.
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